Vert bien mur (ou mur bien vert)

« Vert bien mur (ou mur bien vert)

Si vous aussi, l’évocation (du mythe?) des Jardins suspendus de Babylone vous a toujours fait rêver, évoquant en vous cette part mystérieuse qui fait la beauté du monde, cet article est fait pour vous !

Après les toitures, pourquoi pas les murs végétalisés ? Cela vous paraît un peu trop « perché », trop compliqué à réaliser, puis à entretenir ? Est-ce au moins légal quand on réside dans des lieux de vie partagés ?

Voici quelques conseils, plutôt accessibles aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers et applicables à peu près partout.

Avant de démarrer, attardons nous quelques secondes sur les bénéfices d’une telle action. En plus d’isoler et de réguler la chaleur, végétaliser une façade permet de gagner en esthétique et, qui plus est, favorise la biodiversité, oiseaux, insectes et chauves-souris en tête.

 

 

Ne pas se retrouver au pied du mur

Commençons par les pré-requis incontournables avant de vous lancer. Si vous vivez dans un immeuble (en copropriété), il vous faudra tout d’abord obtenir l’autorisation et, si possible, la coopération de l’ensemble des propriétaires. La végétalisation d’une façade peut en effet avoir des conséquences manifestes sur le bâti et les ouvertures. Le but premier ici est bien d’attirer les volatiles et non les ennuis. Deuxièmement, si vous vivez en ville, une demande de « permis de végétaliser » (si ça c’est pas la classe !) est souvent requise. Si vous habitez Lyon par exemple, une page Internet spécialement dédiée aux conditions d’admission a été conçue par la ville.

 

Ne pas se planter de.. plante(s)

Avant toute chose, pour que votre projet aboutisse, il est essentiel de réfléchir en amont aux espèces de plantes à sélectionner et à la façon dont vous allez les implanter sur la cloison dédiée. Ainsi, vous pouvez aussi bien opter pour un bac au pied du mur, un simple trou dans le sol vous permettant de semer directement ou enfin une végétalisation suspendue (où les fleurs et arbustes poussent uniquement sur un substrat vertical couvrant la surface de la façade), option certainement la plus décorative mais aussi la plus délicate à mettre en place.

Une fois le choix de la ou des plante(s) entériné, il vous faudra être attentif au climat local, à la composition et au revêtement de votre façade, son orientation, son exposition au vent et à l’humidité. Les Acteurs du Paris durable (dispositif créé par la ville parisienne « pour mettre en visibilité et en réseau des actions participant à la transition écologique de Paris » portées par des membres de la société civile regroupés ou non en collectifs/associations, et des professionnels) de s’orienter « plutôt vers des espèces persistantes ou semi-persistantes régionales, qui offrent un couvert végétal toute ou partie de l’année comme le lierre, le chèvrefeuille ».

Pour éviter les mauvaises surprises, les spécialistes vous diront de privilégier des plantes autochtones et non-allergènes. Par ailleurs, « d’autres espèces caduques régionales voire exotiques (…) telles que le houblon, la vigne vierge, le jasmin étoilé, la passiflore, la renouée grimpante » peuvent très bien convenir, à condition de sélectionner une espèce (ex : vigne vierge) selon qu’elle va s’accrocher directement à la façade et peut donc l’abîmer, ou à l’inverse une autre (ex : chèvrefeuille ou ipomée) qui aura besoin d’un support pour grimper.

Si les murs sont des habitats a priori plutôt inhospitaliers, certaines espèces sont parvenues à s’adapter à ses conditions difficiles. C’est le cas de la cymbalaire, qui enjolive les façades et autres murets avec ses fleurs violettes et ses feuilles persistantes. Grâce à la revue nature bimestrielle La Salamandre, on apprend notamment que cette petite plante a trouvé une astuce ingénieuse pour que sa descendance s’épanouisse dans la fissure où elle est née : le moment venu, les pédoncules – autrement dit les tiges – portant ses fruits mûrs se contorsionnent vers l’arrière pour glisser les graines dans les fentes du mur !

Allez, encore un peu de botanique. La fougère cétérach officinale est capable de rouler ses feuilles. Comme quoi, les fumeurs ne sont pas les seuls à s’en rouler une de temps en temps. « Cette adaptation lui permet de n’exposer à l’air libre que leur revers écaillé qui possède ainsi comme une combinaison antitranspirante ». Pas mal ! Le très fameux lierre, grimpeur invétéré, s’accroche telle une moule à son rocher avec une sorte de crampons et se fixe aux pierres pour capter la meilleure luminosité. Il permet ainsi à d’autres espèces de s’installer dans son feuillage à l’instar des oiseaux, coléoptères et petits mammifères. Et impossible de ne pas finir par la glycine dont les fleurs peuvent être utilisées pour cuisiner de délicieux beignets* !

 

Avec une telle façade, on ne risque pas de tenir le mur !

Cela implique, bien évidemment, un certain entretien comme la surveillance régulière du support, si vous en avez installé un, ainsi que de son bac. Plus la surface de votre façade végétalisée est grande, plus vos aurez intérêt également à intégrer un système d’arrosage, comme des tuyaux microporeux, automatique. Sinon, il vous faudra utiliser vos bons vieux arrosoirs et un peu d’huile de coude.

En outre, il est fortement recommandé de porter une attention accrue à votre mur la première année « le temps que les végétaux s’enracinent ». Ensuite, un entretien régulier est requis afin d’empêcher les spider-plantes « de déplacer les tuiles, de boucher les gouttières, et ainsi de réduire l’évacuation des eaux pluviales ». Autant que faire se peut, les lamentations en évite ! Ca se tient et surtout ça se fait, si tant est que l’on tient à son toit autant qu’à son mur. Car, faire grimper des plantes chez soi c’est bien, prendre l’eau à la suite d’une expérience botanique malencontreuse, ce serait ballot.

In fine, la végétalisation d’une façade n’est peut-être pas à la portée de tout le monde en termes de bricolage, ni de toutes les bourses. Pour autant, pour celles et ceux qui auraient à la fois les murs ou murets qui vont bien et le temps nécessaire devant eux, elle offre une véritable alternative écologique, aisément esthétique, pour faire face aux nuisances sonores en même temps qu’à l’accroissement des périodes de fortes chaleurs. Ou alors pourquoi pas construire également une structure murale par exemple dans votre jardin !? C’est en tout cas ce que proposait la Salamandre dans son n°226 et l’idée mérite d’être explorée et murie.

Et si vous n’avez pas de jardin, pourquoi pas le réaliser dans un lieu publique, éventuellement par le truchement d’une association. Vous n’aurez rien à perdre à en demander l’autorisation.

Alors, prêt·e à vous lancer dans la création de votre « mur des merveilles » !?

 

Pour d’autres idées créatives sur le sujet  : https://www.espritcabane.com/

Pour les entreprises lyonnaises désireuses de se « verdir » via la production de houblon : https://www.placeauterreau.fr/houblonni%C3%A8re-urbaine/

Sources :

https://monjardinmamaison.maison-travaux.fr/mon-jardin-ma-maison/amenagement-de-jardins/deco-jardin/diy-construire-mur-vegetal-237352.html#item=1

https://monjardinmamaison.maison-travaux.fr/mon-jardin-ma-maison/conseils-jardinage/faire-mur-vegetalise-124014.html

https://www.maison-travaux.fr/maison-travaux/conseils-pratiques/astuces-deco/7-conseils-pour-creer-un-mur-vegetal-dinterieur-204369.html#item=2

http://www.citeflor.fr/citymur.html

http://greenartsa.ch/mur-vegetalise-vivant/

https://www.salamandre.org/une-activite/construire-une-cabane-en-saule/

https://www.julieandrieu.com/recettes/beignets-fleurs-glycines-camille-oger

 

 

 

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