Éco – terre – happy !

Il ne faut pas longtemps pour comprendre ce que peut bien signifier ce terme « barbare » ou plutôt générique d’un phénomène à la mode, voire – pour certains – déjà démodé. Le phénomène qui consiste en gros à soigner en rétablissant le lien entre l’homme et la Nature, également intitulé « écopsychologie », a pris de l’épaisseur en Europe ces quinze/vingt dernières années. On notera au passage que, comme l’a indiqué Philippe Descola, la « nature ça n’existe pas ! ». L’homme a pourtant tout fait pour s’en démarquer et a même inventé un terme (« nature ») qui l’exclut totalement, alors qu’il en est issu et n’est pas moins « naturel » qu’une mante religieuse ou qu’une algue verte !

 

Voici tout d’abord une définition de l’écoformation, piochée sur le site de Juliette Cheriki-Nort, écothérapeute installée dans les Ardennes depuis les années 90. Cette notion a été défini par Dominique Cottereau – docteure en sciences de l’éducation et professeure associée à l’université de Tours – comme étant la « formation que chacun reçoit par contact direct et réfléchi avec l’environnement, cet habitat qui nous contient et dans lequel nous puisons non seulement nos ressources biologiques vitales, mais aussi psychologiques et mentales. »

L’écoformation éclairerait ainsi « la part importante que peut prendre l’environnement (et plus généralement tous les éléments non-humains) dans les processus d’apprentissage et dans la construction de l’identité d’une personne ».

 

Pour Rachel et Stephen Kaplan, professeurs à l’université du Michigan, « la ville (moderne) sollicite notre système nerveux de façon trop intensive et éparpille notre attention ». Ces stimulations inappropriées provoquent un épuisement mental à la source de nos maux. Car oui, selon certains écopsychologues, ce qui a poussé l’Homme à détruire peu à peu la nature, c’est la peur. Alors que longtemps les êtres humains se sont sentis dépendants de la “Terre mère toute-puissante et divinisée”, ils ont ensuite tenté de la dominer en se rassemblant dans des cités galopantes, avec le moins d’espaces végétalisés possible…

 

 

Alors, l’écothérapie c’est quoi et à quoi ça sert ?

Theodore Roszak, professeur à l’université de Californie, historien et romancier américain, donna ses premières lettres de noblesse à l’écothérapie – dans The Voice of the earth (2002) – au début des années 90. Pour lui, c’était “ considérer les besoins de la planète et ceux de la personne humaine comme un tout, et contribuer à nous reconnecter à la vérité de notre communion avec le reste de la création ”. On est bien toujours dans la même idée.

Pour Juliette Cheriki-Nort, « la relation à la nature est structurante. Elle aide à soutenir ou maintenir l’élan vital des personnes. (…) Au contact des arbres et de la roche, on peut par exemple travailler l’ancrage et la verticalité ; au contact d’un ruisseau, la fluidité et le mouvement. ; au contact du ciel, l’espace et le changement ».

Avec ces pratiques de pleine nature, l’objectif est le plus souvent de se focaliser sur l’instant présent, comment on le vit et le perçoit. Sont également recherchés : « ouverture à la compréhension du milieu vivant, réciprocité de la vitalité, développement de la sensorialité, apaisement et ressourcement, partage des ressentis et des connaissances, et qualité des rapports humains ».

Plusieurs pratiques pour cela : psychothérapie, art-thérapie, et/ou animation nature. Et cela peut prendre la forme soit d’un entretien en immersion fixe ou en itinérance douce, d’un d’atelier de land-art ou basé sur la « dimension de la cabane », d’une petite ou d’une grande randonnée.

L’éco-tourisme, les balades initiatiques dites « de santé », les bains de forêt, le yoga nature, la marche afghane ou méditative, et les sciences participatives sont autant d’autres expériences écothérapeutiques.

Un autre type d’écothérapie bien connue est l’hortithérapie via le jardinage (jardins d’insertion) ou d’autres activités permacoles. Cette dernière semble avoir fait ses preuves dans les établissements de santé, les prisons et auprès des enfants atteints de troubles de l’attention (TDA avec ou sans hyperactivité H*).

Enfin, la zoothérapie consiste à s’appuyer sur les bienfaits de la relation à l’animal. « Aux personnes en situation de grande vulnérabilité elles offrent une rencontre vivante, une communication sensible et intuitive, compatible et favorable à l’épanouissement de leur bien-être » (source : f-f-jardins-nature-sante.org/).

 

Quelles pathologies l’écothérapie peut-elle aider à traiter ?

Premièrement, l’écopsychologie peut s’attaquer aux *TDAH, au burn-out (programmes Alnarp et Green Rehab en Suède) ou à des syndromes post traumatiques (programme Nacadia de la clinique du stress Kalmia au Danemark). Elle peut également être utilisée pour combattre d’autres pathologies, considérées ou non comme chroniques et – cela coule de source – à la solastalgie, autrement nommée l’éco-anxiété.

 

 

En conclusion, alors que les humains ont évolué en synchronie avec la Nature pendant des milliers et des milliers d’années, il serait bien dommage de ne pas se rabibocher avec pour se soigner et tout simplement s’apporter et lui apporter plus de considération.

 

 

SOURCES

https://www.marieclaire.fr/l-ecopsychologie-ou-l-ecologie-de-l-esprit,1258376.asp

https://www.cherikinort.fr/l-%C3%A9coth%C3%A9rapie/

https://reporterre.net/Philippe-Descola-La-nature-ca-n-existe-pas

https://f-f-jardins-nature-sante.org/ecotherapies  »

 

 

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