Matière grise vs matière verte

Peut-on, et plus encore, est-ce souhaitable et soutenable de séparer homme et Nature ? Selon, Aldous Huxley (auteur de Le meilleur des mondes, 1931), « ce que l’homme a uni, la nature est impuissante à le séparer ». Et si l’homme pouvait être vraiment utile à la Nature ? Et si l’homme se servait de la/sa culture et de l’intelligence « artificielle » pour mieux s’unir au naturel ?

Quelques chiffres pour commencer. Selon un rapport récent des Nations Unies, chaque humain aurait produit 7,3 kilos de déchets électroniques en 2019, une hausse de plus de 20 % en cinq ans ! Et si l’on ne fait rien, la « montagne de e-déchets » pourrait atteindre 74 millions de tonnes d’ici 2030, selon un groupe d’associations qui avance en outre que « 40 à 50 % des gros appareils sont remplacés alors qu’ils sont toujours en état de marche ou réparables ».

Cela se traduit par une pollution à grande échelle qui s’étale sur des centaines d’années. La toxicité et la nocivité pour la santé animale, humaine et planétaire des substances contenues dans les composants électroniques n’est plus à démontrer.

Lancé en 2016, le label « Green Tech » rassemble aujourd’hui plus de 190 start-ups ou PME (source : ministère de la transition écologique). Afin notamment de limiter l’empreinte écologique du numérique – qui représenterait entre 5 et 10 % des émissions françaises de GES -, le gouvernement Macron vient de faire des annonces englobant une quinzaine de mesures sensées (re)donner un coup d’accélérateur.

Parmi les actions à mener : la création, avec l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), d’un baromètre environnemental. D’autre part, l’Etat prévoit des aides aux entreprises inaugurant des centres de traitement de données vertes et utilisant une énergie 100 % renouvelable. Enfin, il promet un soutien conditionné au reconditionnement des terminaux domestiques (informatiques, téléphoniques, etc.). Prometteur mais…

Concrètement, quelles sont les dernières avancées technologiques en faveur de l’environnement ?

Dans un article des Echos(.fr) daté du 16 mars 2020, on apprend justement qu’une chercheuse australienne, Veena Sahajwalla, a mis au point un concept de mini-usine (décentralisée), dont l’activité consiste à valoriser les déchets électroniques – en séparant les différents composants et notamment les métaux – en produits de bonne qualité, par exemple en filaments pour imprimantes.

Ensuite, au niveau des collectivités et du privé, le recyclage représente l’un des autres actes environnementaux possibles. Pour cela, il convient d’établir ou de soutenir des projets et des filières (locales et durables) à grande échelle. Et si on passait à la vitesse supérieur en termes de collectes en incluant désormais les e-déchets, les déchets verts ou encore alimentaires ? Parmi les autres sujets « chauds » : la récupération – justement – de la chaleur créée par les serveurs ou tout autre processus industriel, le recyclage des eaux usées à différentes fins, le retour de la consigne pour les bouteilles en verre, etc.

Une autre illustration très directe de l’homme au service de la Nature : la municipalité des Mureaux dans le 78 est pionnière en France puisqu’elle va tester prochainement l’utilisation de drones à hydrogène dont le rôle sera de surveiller, à l’aide d’une caméra thermique, le niveau de stress hydrique des arbres de la ville. Ces appareils fourniraient ainsi en temps réel des mesures précises et cruciales (au vu du réchauffement climatique et afin de connaître le besoin réel en eau de chaque individu végétal) pour l’ensemble de espaces verts.

 

Autre innovation prometteuse : l’éclairage public intelligent. Depuis le temps qu’on en parle… mais l’ineptique inertie semble parfois inscrits dans les gènes humains, freinant la mise en place de solutions dont l’invention remonte parfois à plusieurs années !
Les Mureaux ont donc eu (le courage et) l’idée lumineuse.. d’assombrir ses rues entre 23h et 5h.
En mettant en place un outil technologique permettant de faire baisser automatiquement l’intensité lumineuse, avec des variateurs pour chaque éclairage, les économies d’énergie peuvent être substantielles !

C’est ce qu’on pourrait appeler un couvre-feu véritablement éco-logique ! Bien d’autres communes françaises ont choisi de faire le pas. Il semble grand temps de faire disparaître de notre imaginaire collectif ces flashs de villes géantes qui crépitent 24h/24.

Un autre thème qu’il convient de développer : la mobilité, pourvu qu’elle soit douce. Quid des navettes autonomes, et de la sempiternelle question des transports en commun, permettant indirectement de favoriser la préservation des écosystèmes naturels et de la biodiversité dont une partie est en grand danger d’extinction. A quand des parkings vraiment fonctionnels dans les grandes villes où l’on aura d’autre choix que de laisser nos voitures à la périphéries de villes, et où on prendra ensuite un bus, un tram, un métro ou un vélo ?

Dans les plus petites villes, afin de faire baisser son temps de trajet et, de facto, ses émissions de CO2, le stationnement gratuit mais limité en temps prend tout son sens. Avec un système informant en temps réel les usagers sur le nombre et la localisation des places disponibles, cela favorise le turn-over des voitures sur les places de parking concernées.

Et comment ne pas terminer sur le volet habitat ! Le concept de la tiny house fondée sur un maximum de low-tech semble intéresser de plus en plus d’individus (plutôt jeunes) en quête d’un domicile alliant sobriété et un certain confort. Qu’ils s’agissent du poêle de masse, du capteur à air chaud (à l’aide d’un écran noir), de la purification de l’eau de pluie par le truchement d’un filtre à charbon ou encore du « frigo » extérieur, tout est pensé et fabriqué de manière écologique. Ces basses technologies, utiles, abordables et donc durables, méritent qu’on leur accorde toute notre attention.

Que ce soit en termes de matériaux pour la construction, l’isolation, la gestion énergétique et de l’eau, les chantiers sont immense en matière d’architecture durable. Neufs ou à rénover, aussi bien les bâtiments et infrastructures publiques que les habitations et autres constructions privées, se doivent d’être toujours plus éco-conçues. Un gros hic pourtant : les mastodontes du BTP et leurs puissants lobbys ne semblent pas pressés de faire appel à des technologies vertes.

Pour conclure cet article, l’une des clés de la réconciliation des humains avec la planète terre réside sans doute dans le biomimétisme. S’inspirer du vivant, des inventions perfectionnées par la Nature au cours de milliards d’années d’évolution, pour faire face aux enjeux actuels et à venir. Pas bête du tout, surtout que ce type d’ingénierie présente l’énorme avantage de reposer sur des coûts et des externalités bien inférieurs à ceux que l’on retrouve généralement dans le cadre de recherches « conventionnelles ».
Le potentiel d’inventions bio-inspirées paraît infini. Si la matière grise se verdit, l’espoir d’un monde meilleur est permis.

SOURCES :
https://www.leparisien.fr/yvelines-78/eclairage-public-stationnement-sante-des-arbres-aux-mureaux-la-technologie-se-met-au-service-de-l-environnement-14-02-2021-8424816.php
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/pollution-dechets-electroniques-ont-fait-bond-21-5-ans-81825/
https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/gaz-effet-serre-quest-ce-green-tech-encouragee-gouvernement-85983/
https://reporterre.net/VIDEO-Entrez-cette-tiny-house-est-totalement-ecolo
https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/les-technologies-au-secours-de-lenvironnement-1185858
https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-biomimetisme-14960/

5 Comments

  1. Bonsoir,

    Que des idées géniales par ici; Reutiliser la chaleur des serveurs, oh que oui.
    Indiquer où sont les places de parking libres pour éviter de tourner en rond pendqnt des heures, on en rêve. En plus d’être écolo ca serait super utile pour limiter le stress au volant et améliorer la courtoisie urbaine.
    Pour n’en citer que deux.

    Bon weekend
    Lilie

  2. Bonjour Lilie, merci pour votre commentaire. Oui, enfin une écologie intelligente, « smart » et qui s’associe à l’utile !

  3. Tout le monde connait les bonnes solutions mais personne n’ose malheureusement les mettre en œuvre. Exemple : comme vous le citez, diminuer l’éclairage publique la nuit fait partie des solutions faciles à mettre en œuvre mais personne ne passe à l’action !

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