Le récit d’un voyage au Bénin

L’été dernier, l’imprimerie apportait son soutien à Tour d’Horizon, un projet visant à récolter des fonds pour un établissement d’aide aux personnes handicapées au cours d’un périple de 1000km sur la côte Atlantique (vidéo).

Nous avons gardé de bons contacts avec les membres de l’expédition, et j’ai rapidement su qu’Hans planifiait un voyage au Bénin, avec toujours comme leitmotiv d’aider les autres. Une coïncidence puisque notre imprimerie participe au financement de cuiseurs à bois économes dans la région de l’Atakora, au nord du Bénin. L’idée qu’il puisse aller visiter l’atelier de fabrication s’est alors naturellement imposée.

Après un mois passé sur place, Hans est depuis rentré du Bénin. Il nous parlera des cuiseurs lors d’un prochain article, mais aujourd’hui, il nous livre ses premières impressions sur cette expérience Africaine… le récit d’une aventure humaine, d’un vrai choque des cultures !

Souvenirs du Bénin (par Hans Desaire)

Un mois après, les images restent intacts, souvenirs impérissables d’un voyage extraordinaire. Plus les jours passent, plus je me rends compte que nous, les membres du « Projet Vi », avons été des privilégiés. C’est en empruntant les transports en commun, en se rendant dans un supermarché pour faire des « super-courses » ou en passant la tondeuse dans la grande demeure de ses parents qu’il nous semble que le monde dans lequel nous vivons n’est pas le même que nos frères africains où nous avons passé un mois. L'équipe 2011 du projet vi et Boulevard du BonheurPourtant, il s’agit bien du même monde mais dans cette partie du globe le courage et l’entrain des hommes forcent l’admiration, leur générosité est inestimable. Et pourtant, les conditions d’existence de la plupart de ces derniers laissent à désirer et c’est un euphémisme. Aussi, ils envient notre mode ou plutôt notre train de vie. Sommes-nous seulement heureux avec tous nos biens matériels, toutes ces choses qui « font bien » ? Finalement, le bonheur est-il davantage présent dans les sociétés occidentales ou dans ces modestes familles africaines du Tiers-Monde.

Justement, le mot famille résume bien le Bénin et à plus forte raison l’Afrique. Là-bas, s’il n’y a pas de « frique », il y a de la solidarité, beaucoup de solidarité et les relations humaines sont directes et sincères. Je ne dis pas que la franchise a disparu dans les pays développés mais franchement est-il vraiment souhaitable que les pays d’Afrique suivent la même évolution technologique que nous ? Certes, l’accès à l’information et à fortiori l’éducation et l’éveil intellectuel passent obligatoirement par la numérisation et l’amélioration de l’outil informatique. D’ailleurs, là où le bât blesse en Afrique et je ne vous apprendrai rien en vous disant ça, c’est le manque cruel d’investissements qu’ils soient d’origines privées ou publiques. Ainsi, les enseignants (en particuliers dans l’arrière-pays) ne préfèrent-ils pas abandonner leur poste pour des professions plus lucratives.

Préparation du manioc manuellement à la rappe avant le don du projet ViEn outre, vous verriez le nombre de petit(e)s commerçant(e)s qui pullulent dans les grandes villes (Cotonou, Porto-Novo…), qui travaillent jusque tard le soir tout en élevant leurs rejetons. S’il est souvent reproché aux noirs de ne pas être des tâcherons, on peut aussi dire qu’ils ne s’arrêtent jamais de travailler. Leur priorité n’est donc pas forcément la réussite professionnelle mais plutôt le partage et le bonheur des proches et cela passe par la religion, le foot, la danse et la musique.

La place de la femme dans la communauté béninoise est autre aspect important que je me dois d’évoquer. En effet, nous avons été désagréablement surpris de voir que le rôle de la gente féminine est réduit à celui de ménagère alors que l’homme est forcément le décideur, l’avis de leur(s) femme(s) étant trop souvent négligeables et négligés.

Au final, après avoir parcouru le Bénin du Sud au Nord, visité en profondeur l’hypercentre de Cotonou, être allé à la rencontre de nombreuses personnes (dont le Père Pivain, désormais ex-directeur de l’association Caritas à Natitingou, soutenue par l’Imprimerie Villière), avoir partagé un repas avec elles, nous avons eu la confirmation que nos actions sont bien orientées et à priori pertinentes. Préparation du manioc à la rappe mécanique - don du projet Vi (Bénin)Qu’il s’agisse du soutien à l’éducation au profit de l’école de Zakpota dans la province du Zou (nous recherchons toujours des parrains !!! Pour plus d’infos : camille.sossealaoui@euromed-management.com), à l’entrepreneuriat (micro-crédit) à Djibio, Cotonou et Boukoumbé ou encore à la santé avec la construction de toilettes sèches dans le 10ème arrondissement cotonois, nos actions ont toutes le même objectif : soutenir des (jeunes) béninois dans leurs initiatives jusqu’à ce qu’ils soient capables de voler de leur propres ailes.

Le Bénin c’est aussi une capitale économique (Cotonou) engorgée, polluée et crasseuse mais très vivante en particulier la nuit, ce sont des moyens de communication chaotiques, des paysages (brousse) à couper le souffle où le rouge vif de la terre maternelle et la noir de la peau des hommes qui la foulent se complètent à merveille.

En fait, il manque à la fois peu et beaucoup de choses pour que le continent africain décolle enfin, accélère son développement en créant son propre modèle, un modèle adapté aux particularismes locaux et qui répondent aux besoins du présent. Le sourire des enfants d'une école soutenue par le projet Vi au BéninLe retard concédé sur la Nord pourra-t-il être comblé un jour ? Rien n’est moins sûr d’autant qu’en Afrique aussi, les inégalités entre très riches et très pauvres tendent à se creuser. Notre vœu le plus cher est de voir les plus pauvres s’enrichir progressivement afin que leurs conditions de vie s’améliorent et deviennent plus humaines. L’une des pires injustices auxquelles sont confrontées chaque jour les africains, en particulier les jeunes, c’est le manque voire l’absence d’instruction. L’équation est simple : sans une éducation forte, pas de développement. A nous de faire en sorte que cela cesse car c’est insupportable de voir des enfants exercer des métiers usants plus de 10 heures par jour, 7 jours sur 7.

Alors soutenons « Projet Vi » et toutes les autres organisations humanitaires qui s’engagent dans de telles causes car si nous avons le droit de voir, de vivres de telles expériences, les africains et toutes les familles du Tiers-monde ont aussi le droit de vivre. Il est de notre devoir d’apporter une aide provisoire pour un développement durable.

http://projetvi.wordpress.com

Le projet Vi a reçu l’Unis Terre Awards du projet le plus innovant grâce à l’action Karité !

About the author
Community Manager de l'imprimerie Villière (imprimerie écologique).

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