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Fév

Les effets du diesel sur les conducteurs

Alors que les pics de pollution aux particules fines se multiplient, on ne peut pas se contenter d’attendre en se bouchant le nez et les yeux. Chacun peut faire un geste pour limiter la pollution aux particules fines, en particulier les plus exposés : les conducteurs.

Le diesel c’est quoi ?

Le mot diesel fait référence, non pas à un carburant mais à un type de motorisation : le moteur diesel. Grand prix de l’exposition universelle de 1900, ce moteur est en grande partie responsable du développement de la civilisation de l’automobile en Europe.

En effet, ce système de motorisation mis au point par l’ingénieur allemand Rudolph Diesel, permet de faire plus de kilomètres qu’un moteur à essence, avec moins de carburant.

Il utilise du gazole, produit lourd du raffinage du pétrole brut. Son seul défaut ? Il est plus polluant que l’essence, plus raffinée.

On lui reproche l’émission d’oxyde d’azote et de particules en grandes quantités, notamment les particules fines, d’une taille inférieure à 2,5µ, les plus dangereuses pour la santé à long terme.

En effet ces particules fines traversent les barrières naturelles du corps et s’infiltrent dans l’organisme via la circulation sanguine. Là, où les particules de grande taille exacerbent les réactions allergiques et favorisent les manifestations de l’asthme, les particules fines minent la santé en silence.

Ces particules fines ont d’ailleurs été très officiellement classées cancérogènes pour l’homme en 2012 par l’OMS. Les cancers dans lesquelles leur implication est formellement établie sont les cancers du poumon et de la vessie.

Les particules fines augmentent également les risques de souffrir de pathologies cardio-vasculaires, notamment d’AVC. En fait les chiffres officiels font froid dans le dos : 48 000 décès par an sont directement attribués aux particules fines en France continentale.

Pourquoi un tel succès du diesel ?

Dans les années 60, les constructeurs français Renault, et Peugeot décident d’investir un marché délaissé par les constructeurs américains : le véhicule diesel.
Si les constructeurs français ont fait le choix du diesel, par opportunisme dans les années 60, les consommateurs eux, ont suivi par souci d’économie. Avec un moteur plus économe et un carburant environ 20 centimes moins cher au litre que le super, les gros rouleurs sont largement incités à opter pour le diesel.

L’état a une large part dans cette omniprésence du diesel sur le territoire depuis des décennies en raison d’une politique volontaire de sous taxation du gazole par rapport à l’essence. Un patriotisme économique destiné à soutenir les grosses firmes automobiles française mais qui commence à peser lourd sur l’atmosphère du pays.

Résultat : 63% des voitures de particuliers en circulation en France en 2016 étaient des véhicules diesel. Et en ce qui concerne les immatriculations de voitures neuves, le diesel reste majoritaire pour des raisons économiques, malgré la mauvaise image écologique.

Pourtant les pics de pollution qui ont touché la France durant l’hiver 2016, ainsi que les scandales des faux tests de pollution de Volkswagen ont à nouveau braqué les projecteurs sur la pollution d’origine automobile, et en particulier sur la pollution due au diesel.

Dès lors les conducteurs de voitures à motorisation diesel peuvent légitimement se demander quelle est leur part. Mais si, au-delà de leur responsabilité dans la pollution ambiante, ces conducteurs de diesel en étaient les premières victimes ?

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Des conducteurs en danger

Une étude suédoise datée de 2000 a démontré que les hommes particulièrement exposés au diesel, notamment les conducteurs de véhicules diesel, type autocars et camions, avaient 63% de risque supplémentaire de développer un cancer du poumon par rapport au reste de la population.

Où est-on le plus exposé aux particules fines et à la pollution ? Dans l’habitacle confiné de sa voiture au cœur du trafic automobile, bien sûr !
Et si on est un conducteur de diesel dans les embouteillages, on a peu de risques d’échapper à sa propre pollution. Sachant cela, emmener ses enfants à l’école tous les jours à bord d’un véhicule diesel datant d’avant 2011 c’est loin d’être l’idéal.

Idem pour les femmes enceintes, conductrices ou passagères. La santé des enfant à naître est particulièrement fragilisée par les particules fines.

Et inutile de compter sur les filtres par lesquels passe l’air de l’habitacle : ils filtrent les pollens et les grosses particules, mais ils sont aussi inefficaces à éliminer les particules fines de moins de 2,5µ que les masques de chirurgien.

Quelles solutions ?

Comment s’en sortir ? Certains diront qu’il suffit de remplacer son vieux véhicule Diesel par un autre diesel plus récent.

Certes les véhicules diesels émis après 2015, sont 200 fois moins polluants que les diesels émis avant 2004.
En règle générale les diesel répondant à la norme Euro 5 (émis après 2011) et Euro 6 (après 2015) émettent 5 à 4,5mg de particules par km ce qui leur donnera théoriquement le droit de rouler en cas de pics de pollution (vignette jaune Crit’Air 2).

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Si votre diesel a été émis avant 2004 vous n’aurez droit qu’à une vignette marron et vous risquez d’être pénalisé en ville lors des pics de pollution, selon le choix qui sera fait par la préfecture de votre lieu de vie.

La solution idéale ? Profiter des aides éventuelles de l’état pour remplacer son vieux diesel par un véhicule hybride ou électrique et surtout pas par un diesel plus récent.
Si les diesels les plus récents émettent en théorie peu de particules fines, il ne faut pas oublier que la façon de conduire peut multiplier par 10 les émissions. Les accélérations intempestives des fous du volant sont particulièrement polluantes.

Et surtout, l’environnement n’a pas besoin d’une incitation de plus à produire des véhicules diesels, même plus « propres » qu’avant.

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