L’électricité est-elle vraiment le futur de l’automobile ?

Le succès récent de la voiture électrique semble avoir éclipsé les autres alternatives au moteur thermique. Que sont-elles devenues, ont-elles un avenir ? L’électricité est-elle vraiment l’énergie propre qui nous fera rouler demain ? Dernier volet de notre dossier sur la voiture électrique.

Des alternatives au moteur thermique et aux combustibles fossiles, il n’y en a pas tant que ça, et des alternatives efficaces et propres, encore moins.

Champ de colza pour biodiesel
Champ de colza pour biodiesel

Biocarburants (bioethanol et diester)

Les biocarburants (qui n’ont rien de ‘bio’) sont une alternative aux combustibles fossiles, et font fonctionner des moteurs thermiques.

On distingue les biodiesel ou diester, fabriqués à partir d’oléagineux (Palme Colza…), le bioéthanol, produit à partir de l’alcool des plantes qui contiennent du sucre (betterave, canne à sucre) et le biogaz, produit par fermentation de déchets alimentaires.

Pendant longtemps on a remplacé des cultures alimentaires par des cultures destinées au biocarburants. Au Brésil notamment dont la moitié de la récolte de la canne à sucre est utilisée pour le bioéthanol. C’est d’autant plus écologiquement douteux qu’il faut 3000 litres d’eau pour produire 1 litre de carburant.

De même pour le biodiesel, produit en partie à partir d’huile de palme, qui est en partie responsable de la déforestation, en Indonésie notamment. Des biocarburants de deuxième génération à base de bois et de troisième génération, à base d’algue (algocarburants) pourraient en partie régler le problème éthique lié au fait d’utiliser des terres agraires pour produire du combustible, mais il reste un problème : les biocarburants étant des combustibles pour moteurs thermiques ils génèrent des gaz à effet de serre et des microparticules.

Pour l’environnement et la santé publique ce ne sont donc pas des solutions à encourager et il y a peu de raisons objectives pour qu’ils le soient à l’avenir. D’autant plus qu’ils entraînent une usure plus rapide des moteurs, ce qui n’est pas pour plaire aux automobilistes.

L'Airpod de MDI
L’Airpod de MDI

Véhicule à air comprimé

C’est peut-être la technologie la plus propre puisqu’elle utilise uniquement la capacité des gaz à se comprimer et les effets dynamiques qui en découlent.

Le français Guy Negre avec sa société MDI tente depuis plusieurs années de vendre des usines clef en main pour construire de petits véhicules fonctionnant à l’air comprimé. Le système ne fonctionne sur l’instant que sur véhicules ultra légers et demande des infrastructures de recharge spécifiques.

Les tentatives de collaborations de MDI avec des entreprises dans le monde entier ont été nombreuses mais à ce jour, seul la firme indienne Tata semble être sérieusement au travail sur un véhicule entièrement à air comprimé. Cependant c’est une technologie qui semble promise à un bel avenir, en particulier dans des véhicules hybrides électrique/air comprimé.

La Mirai à hydrogène de Toyota
La Mirai à hydrogène de Toyota

Véhicule à hydrogène

Parmi les alternatives au carburant fossile et au moteur thermique, les plus prometteuses, la technologie de la pile à combustible, ou véhicule à hydrogène, a longtemps été préférée par les chercheurs.

Cet état de fait serait même responsable du manque d’enthousiasme des constructeurs pour la voiture électrique pendant la décennie 90.

Ils se préparaient tous pour la voiture à hydrogène. Il s’agit également d’un véhicule électrique mais dont l’électricité est produite par l’oxydation du combustible hydrogène au sein de la pile. Le produit de cette oxydation : de l’eau et de l’électricité.

L’hydrogène est stocké sous forme liquide dans le véhicule et la recharge se ferait en 3 minutes environ. Au final la pile à combustible aurait un meilleur rendement et une meilleure autonomie que la batterie rechargeable classique (500km). Mais la technologie a été longue à développer, notamment parce qu’il fallait trouver des alternatives au platine, utilisé comme catalyseur à l’origine (trop cher) et parce que l’hydrogène liquide prend de la place.

D’énormes progrès ont été réalisés et il semble que les débuts officiels de la voiture à hydrogène soient pour bientôt.

En septembre 2015 aux USA et en Europe Toyota commercialisera la Mirai, une berline hybride électricité/hydrogène. On est encore dans une gamme de prix très élevée (comme la Tesla S, 40 000 euros au moins) mais c’est toujours le cas à l’arrivée d’une nouvelle technologie. Il ne reste qu’à attendre que les stations service soient en capacité de fournir de l’hydrogène liquide.

Pour finir…

Par rapport à ces alternatives, la voiture électrique est pour l’instant nettement avantagée : les infrastructures de recharge existent déjà partout, ne serait ce qu’au niveau domestique, et on est a priori entré dans un cercle vertueux grâce à la concurrence des constructeurs. Toutefois les spécialistes de la prospective estiment qu’à l’horizon 2020 l’automobile du futur sera certes électrique, mais probablement entièrement ou en partie grâce à l’hydrogène.

La seule crainte que l’on pourrait avoir pour l’avenir du véhicule électrique c’est le prix du pétrole. En France, les bonus gouvernementaux sont en effet arrivés au moment idéal pour soutenir artificiellement le marché de l’électrique alors que le pétrole venait de s’effondrer et qu’il devrait rester bas pendant au moins quinze ans.

Toutefois, étant donné la multiplication des épisodes de pollution aux particules fines, les risques en termes de santé publique devraient logiquement entraîner un durcissement des mesures de restriction de circulation des véhicules polluants ainsi que la valorisation des véhicules propres dans une grande partie du monde.

Mais si les politiques publiques au niveau mondial ne viennent pas soutenir la logique de remplacement de la flotte actuelle par une flotte propre, la tendance « green » pourrait s’essouffler.

 

Crédits photo :
Colza : Creative Commons BY-SA 2.5
Airpod ©MDI
Mirai ©Toyota

3 Comments

  1. Investir 40000€ dans de l’électrique, alors que le marché n’en est qu’à ses balbutiements, me parait un peu risqué.

    En revanche, je n’hésiterais pas une seconde quand le secteur sera mature.

    Le rechargement par air en quelques minutes parait également très intéressant.

  2. Bonjour les puristes,
    en sites miniers il était fait usage de loco à air comprimé venant de bouteilles en acier chargée d’air liquide, et d’autre bouteilles à air comprimé à 300 bar, pour les outils de travaux sur appareils de voies (en galeries le risque d’effondrement latéral est toujours là). les bouteilles étaient montées sur un wagon spécialement aménagé pour 20 bouteilles, dont 2 d’Azote en cas d’incendie et 2 d’air pour travaux. En trente ans il n’y a jamais eu d’accidents en manipulations
    Inconvénient le poids des vidanges, avantage grande facilité de chargement par système à rouleaux bien aménagé . Grosse autonomie pour un véhicule, rendement de la turbine de 97 % .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez vous à la newsletter de l'Éco-Blog !

Inscrivez vous à la newsletter de l'Éco-Blog !

Un condensé de toute l'actualité écologique dans votre boîte mail, gratuitement.

Merci de votre inscription ! Un email de confirmation vient de vous être envoyé.