Je suis écolo… mais je bois du café

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Attention : cet article peut changer votre vie.

Tous les matins, je bois mon petit noir, perché sur une chaise de bar. Mon rituel est bien rôdé : de l’eau, un peu de café moulu, et quelques minutes suffisent à la cafetière italienne pour me permettre de sortir du coltard : viva Italia ! On a tous sa technique pour émerger le matin, mais pour une majorité de personnes, la journée commence avec un café.

Avoir des convictions et des envies contradictoires

Certains l’aiment long, d’autre court, mais pour tous sur ce continent, le café a un goût d’ailleurs : normal, puisqu’il vient de l’autre bout du monde. Colombie, Mexique, Equateur… ça fait une trotte, et autant de co2 dans l’air pour chaque tasse consommée. Il y a quelques années, je me suis posé la question de savoir quelle était la façon la plus écolo de consommer du café, et potentiellement compatible avec mon mode de vie [ndr : je vous vois venir avec vos idées bizarres d’allumer un feu dans votre jardin ou sur votre balcon pour faire bouillir votre jus].

Réflexion et introspection

Inspiré par une réminiscence des années 80, j’ai remplacé le besoin par l’envie en oubliant l’idée que de nombreux marketeux ont tentés de placer insidieusement dans mon cerveau : « tu as besoin de cette cafetière à dosettes ». Une véritable force mentale à une époque où l’on dégaine sa carte bleue plus vite que Billy the Kid ne dégainait son Colt. Bref, je n’ai pas acheté de cafetière à dosettes, évitant ainsi d’ajouter ma contribution au volume de déchets d’emballage qu’implique un tel système. J’ai donc opté pour la cafetière italienne, mais pour autant, je ne me sens pas encore phase avec le fait de consommer chaque jour un produit qui vienne de l’autre bout du monde.

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Évaluation écologique globale de la préparation d’une tasse de café avec différents types de capsules et d’autres modes de préparation. La machine à café automatique a été évaluée une fois avec la capacité de charge de café maximale (high) et une fois avec une quantité de café nettement inférieure (low). © Empa

Quand l’égoïsme tue les convictions

S’il est question de conviction, il est avant tout question de conscience : on peut très bien s’asseoir sur ses principes pour en tirer un intérêt. Mon exemple sur la consommation de café n’est qu’un prétexte pour ouvrir sur une réflexion plus profonde, car si nous sommes frileux à changer nos comportements, n’est-ce pas avant tout par égoïsme ? Alors prenez un moment pour vous poser ces questions : Quelles sont vos convictions ? Est-ce que vous vivez vraiment selon vos principes, que ce soit vis à vis de l’environnement, d’un point de vue éthique, ou pour tout autre chose ?

La vie est une succession de choix, et plus on a de convictions, plus on sera confronté à cette évidence. Certains tentent de repousser ce choc frontal, tant la routine est confortable. Mais vivre avec des contradictions, c’est se mentir à soi même; et gaspiller son temps.

Vivre avec ses propres contradictions, ou changer de vie ?

Bon choix / mauvais choix. Je crois qu’il faut surtout assumer d’être tel que l’on est. En fait, tout est question de curseur. Où place t-on sa propre tolérance vis à vis de ses contradictions ? Est-ce que je réfute en bloc toute chose qui n’entre pas en ligne de compte avec mes convictions ? Est-ce que je garde une tolérance pour ne pas me radicaliser ? Est-ce que j’accepte le fait de ne pas vivre en accord avec mes principes ? Personne ne peut répondre à part vous.

Et moi dans cette histoire. Je vais m’asseoir demain matin face à mon bol, et qu’y aura t-il dedans ? Est-ce que je vais voir mon reflet dans ce liquide noir venu de l’autre bout du monde, alors que je prétends avoir des convictions écologiques ? Est-ce que je vais me donner bonne conscience en me disant que j’aurais pu faire pire si j’avais acheté une machine à dosettes ?

Faut-il forcément apprendre à vivre avec ses contradictions, ou abandonner son style de vie actuel pour le changer radicalement ? Et s’il y avait un entre-deux, une forme d’équilibre entre ses envies, et le fait qu’elles aillent à l’encontre du point de vue qui nous guide. Résolument, tout ce que je peux dire c’est que les écolos sont contraints à vivre cette frustration chaque jour… mais je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, comme dit l’expression : à chacun sa croix !

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Community Manager de l'imprimerie Villière (imprimerie écologique).

7 Comments

  1. Excellente réflexion, je me sens moins seule devant mon café rituel. Quoiqu’il en soit, on ne peut pas revenir en arrière, au temps des cavernes, dans notre monde occidental par trop démesuré, nous avons pris des habitudes, bonnes ou mauvaises, qu’il nous serait difficile de changer. Cependant, je suis entièrement d’accord avec le fait que l’on puisse consommer sans gâchis, précisément sans machine à dosettes, lesquelles sont pour moi une aberration de la modernité comme tant d’autres choses qui se veulent avant tout de créer le besoin, mais sans doute pas la nécessité. Car finalement, c’est bien là qu’est le problème, définir si l’on a besoin ou si cela Est vraiment nécessaire d’avoir. On se trouve toujours des bonnes excuses pour se sentir appartenir à ce monde. De fait, nous ne sommes pas si loin des cavernes. Nous nous adaptons simplement aux nouveaux enjeux socio-économiques pour avoir bonne place dans « le clan ». Une chose est sûre selon moi, nous sommes dans l’ère de l’avoir, pas de l’être. Et nous oublions que moudre le grain, quelque soit le temps que cela prenne, donne vachement plus de « goût » au café.

  2. de tous temps les echanges se sont faits entre les hommes. ainsi, je ne pense pas que ce soit « mal » de boire, toi ton café et moi mon thé… ou bien de manger un ananas de temps en temps ou bien encore de craquer pour le chocolat… ce que je pense: manger local et bio pour des produits qui peuvent pousser chez nous, et choisir le commerce équitable et bio pour les produits qui ne peuvent pas venir de chez nous… tout en restant raisonnable! 😉 Maintenant, je respecte tout à fait celles et ceux qui arrivent à consommer 100% local et bio! 😉

  3. Très bonne réflexion sur le monde qui nous entoure, en général d’ailleurs. Ta pensée peut s’appliquer dans beaucoup de domaines et de circonstances différentes.
    Après je suis d’accord avec vert.citron, on ne va pas revenir à la préhistoire et si certaines actions sont nécessaires pour la survie de notre planète, d’autres sont la continuité logique de notre évolution.

  4. Personnellement, je pense qu’il ne faut pas être radicale car un tout petit évènement peut faire vaciller une grande conviction! Il faut tolérer sans pour autant avoir obligatoirement à changer ses habitudes.

  5. Oui, c’est exactement cela ….Parfois, certains de nos actes ne sont pas « écolo compatibles » mais bon, si on essaye de faire au mieux, j’ai tendance que l’on est sur le bon chemin, non?

  6. Pour moi c’est du café Lavazza dans une cafetière italienne 12 tasses. Tous les jours.
    Par contre le comparatif sur la préparation du café est intéressant, mais à mon avis la fabrication du café soluble est plus polluante que du café moulu non? Donc l’un dans l’autre…

  7. C’est comme tu l’as dit, il faut s’assumer tel qu’on est. Après, il y a certes les frustrations de tous les jours de ne pas trouver une alternative écolo à certaines choses mais depuis on a déjà fait du long chemin vers la bonne voie!

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