9
Mai

Annecy dit NON au gaz de schiste

La Haute-Savoie dit NON au gaz de schiste

C’est sans doute son passé actif dans la résistance française qui donne à la Haute-Savoie cette capacité de mobilisation quand une menace plane sur son territoire. Face aux dangers que représente aujourd’hui l’exploitation de gaz de schiste dans notre région, les membres du collectif Non au gaz de schiste 74 sortiront du maquis ce week-end.

Rassemblement Samedi 12 Mai à Annecy sur le Pâquier

Programme de la manifestation anti gaz de schiste à AnnecyDes militants de toute la région, de France et même de Suisse se sont donnés rendez-vous Samedi à 11h sur le Pâquier à Annecy pour maintenir la pression sur le préfet de Haute-Savoie et informer la population. Des derricks (tours de forage) seront construits sur le champ de Mars et le cortège de manifestants partira en direction de la préfecture.

Une délégation du collectif Non au gaz de schiste devrait être reçue par le préfet pour lui faire part des craintes de la population quant au permis de Gex-Sud (zone concernée pour l’exploration du sous-sol), et lui rappeler les effets désastreux pour l’environnement et la santé causés par la technique d’extraction (fracturation hydraulique) employée par les compagnies gazières.

www.ngds74.info


2 commentaires

  1. DUGENDRE MARC dit :

    Bonjour,
    je suis Marc DUGENDRE, j’habite Mirabel en ARDÈCHE et j’aimerais faire ici un point sur mes connaissances du sujet, et vous exposer la situation actuelle sur le plan national.

    Mais tout d’abord, où en sont les permis après l’élection présidentielle ?

    En RHÔNE-ALPES :
    Il convient de noter qu’en Rhône-Alpes, 6 demandes d’exploration ont été déposées et sont en cours d’instruction. Elles sont toutes recevables, ce qui a été confirmé par les services concernés. Elles visent l’Est et le Nord du département dans le massif alpin. Bien qu’il y a beaucoup d’obscurité et de nébulosité autour de ces permis, ces demandes dites de, VALENCE, LYON-ANNECY, BLYES, MONTFALCON, GEX SUD, et EXTENSION MONTELIMAR, enveloppent la moitié du territoire isérois sur une superficie de 3 000 à 6 000m².

    Pour être plus précis, actuellement nous pouvons dire que l’instruction locale se poursuit pour BLYES, GEX SUD et MONFALCON.
    Pour LYON-ANNECY, VALENCE et EXTENSION MONTELIMAR, les dossiers sont au ministère pour décision finale.

    Le projet le plus avancé et qui est en phase finale de décision, est le permis “Lyon-Annecy”, porté par la société SCHUEPBACH ENERGY.
    Il concerne le Nord-Isère avec une étendue sur le LAC LEMAN, le LAC D’ANNECY et le LAC du BOURGET ainsi que de nombreuses zones de cours d’eau et aquifères.

    Pronostic très probable : LYON-ANNECY sera retoqué. SCHUEPBACH n’ayant pas renoncé à la FRACK (dixit des gens très bien informés de l’administration centrale). Sur les 6 permis de Rhône-Alpes, seuls 2 ont été pour l’instant considérés comme recevables par la Direction Régionale
    de l’Environnement, de l’emménagement et du Logement (DREAL).

    Bien sûr, cette direction regarde uniquement la recevabilité des contenus des dossiers et n’émet que des avis… mais on voit bien qu’elle a de
    grandes difficultés à garder son indépendance. Il est à noter que les services de l’État doivent maintenant se prononcer à la fin du mois prochain sur ces dossiers et ils sont très embarrassés pour donner une réponse définitive.

    De plus, il faut également rajouter que le canton de Vaud s’inquiète notamment d’une demande de permis sollicitée récemment dans la Vallée d’Abondance, au-dessus de Thonon-les-Bains. La société Suisse PETROSVIBRI qui a déjà étudié le sous-sol de NOVILLE, s’intéresse maintenant grandement au CHABLAIS Français.

    A partir de ces études et de ces perspectives, on peut tout imaginer et même craindre un lien ou une interconnexion sous le lac Léman entre les deux sites.

    Au Pays Basque (le pays aux 2.000 puits) :
    Les réserves de gaz de schiste en Alava (Pays Basque) sont estimées selon le gouvernement à 180 milliards de mètres cubes. Pour extraire cette quantité, il faudrait forer 2.119 puits.
    Si le gouvernement basque veut extraire tout le gaz de schiste qu’il estime se trouver sur le territoire d’Alava, il faudra forer plus de 2.000 puits, a estimé le collectif « FRACKING EZ Araba », opposé à l’exploitation des gaz de schiste.
    Les réserves de gaz de schiste en Alava sont estimées à 180 milliards de mètres cubes, soit plus de 60 ans de consommation de la communauté autonome Basque, avait dit le président basque, PATXI Lopez, quand il annonçait l’an dernier une alliance entre son gouvernement et les compagnies américaines HETCO ENERGY et Cambria Europe.
    L’exploration et l’exploitation d’une telle quantité de puits de gaz de schiste via la technique de la fracturation hydraulique (injection d’eau et de produits chimiques à haute pression) entraîne également une consommation d’eau démesurée et difficile à récupérer. Un seul puits peut produire jusqu’à 30 millions de liquides pollués dans les sous-sols.
    Les groupes écologistes, réunis dans le groupement « FRACKING EZ Araba », ne cessent de demander l’arrêt immédiat de toute prospection et d’exploration de gaz de schiste, en dénonçant les dégâts sur les nappes phréatiques et l’environnement en général. Selon MIKEL OTERO, porte-parole du collectif, « le gaz non conventionnel est le chant du cygne des combustibles fossiles, et le gouvernement ferait mieux d’investir les 100 millions d’euros du budget prévu dans les énergies renouvelables ».

    Le Pays Basque va être utilisé comme une zone d’expérimentation, alors que les habitants ne sont pas suffisamment informés et consultés, dénonce-t-il encore. S’appuyant sur des études, le collectif a averti que l’exploitation du gaz de schiste ne serait pas aussi rentable qu’annoncé et que les tuyaux utilisés pour l’extraction du gaz se détériorent rapidement. Des études américaines ont également démontré que l’ampleur des fuites dans les puits gaziers est plus importante que ce que reconnaît l’industrie.

    Dans le Bassin Parisien :
    Nogent-sur-Seine – TOREADOR associé à HESS a vu son permis d’exploration du sous-sol nogentais validé par les ministères de l’Industrie et de l’Écologie.

    La société française TOREADOR et l’Américain HESS vont reprendre leurs démarches en vue du lancement de forages d’exploration dans le Bassin parisien, notamment à Nogent-sur-Seine, dans le cadre d’un permis octroyé en juillet 2008.
    Le programme de recherche avait été gelé en avril dernier après l’annonce par le gouvernement de son intention d’annuler les permis d’exploration des sous-sols. La polémique autour de la technique dite de la fracturation hydraulique semblait avoir eu raison des velléités des pétroliers d’extraire le pétrole emprisonné en profondeur dans la roche.

    Pour autant, le gouvernement n’avait pas fermé la porte à des explorations avec des techniques conventionnelles du type de celles utilisées à Saint-Martin-de-BOSSENAY.

    La loi du 13 juillet 2011 est venue préciser la réglementation en la matière. Elle interdit la technique de la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des gaz et huiles de schiste.

    Au début du mois, le ministère du Développement durable a annoncé l’abrogation des trois permis sur les soixante-quatre existants.
    « Pour les soixante et un autres permis en cours de validité, les détenteurs n’ont pas prévu de rechercher des gaz et huiles de schiste ou y ont renoncé pour se limiter à des gisements conventionnels. Tous ont pris l’engagement formel de ne pas recourir à la fracturation hydraulique », annonçait au début du mois les ministères concernés.

    Recherche de pétrole conventionnel :

    TOREADOR conserve donc son permis d’exploration sur une zone de 266 km2 à cheval sur les départements de l’Aube et de la Seine-et-Marne.
    Pour faire valider ce permis, TOREADOR associé à l’Américain HESS a dû définir précisément le programme d’exploration. Outre des études géologiques des données existantes, l’analyse de roche ou encore la réalisation de mesures magnétiques aérienne, un programme de forage avec carottage est envisagé.

    Les études réalisées en 2010 et 2011, ont permis d’aboutir à l’identification de plusieurs « prospects ».
    « TOREADOR pourrait forer en 2012 un de ces prospects dans le but d’obtenir plus de connaissances de la colonne sédimentaire et ainsi évaluer le potentiel pétrolier de ces zones », indiquent les deux sociétés.
    TOREADOR prend soin de préciser que « toutes les activités de forage seront effectuées […] en pleine conformité avec les dispositions relatives à la protection de l’eau et des milieux aquatiques ». Le rapport se conclut en affirmant que le programme de recherche n’inclut aucun recours à des forages suivis de fracturation hydraulique.
    « Il s’agit d’exploration de pétrole conventionnel (recherche et forage pétrolier classique), comme il se fait dans le Bassin parisien depuis cinquante ans », précise TOREADOR.

    Au niveau de l’Union Européenne :
    Une coalition de 40 ONG Européennes (dont Attac, Les Amis de la Terre et WECF) a interpelé mercredi 25 avril le Parlement Européen pour réitérer leur opposition au recours à la technique de fracturation hydraulique et au développement d’autres hydrocarbures fossiles – sables bitumineux et des gaz de houille – par les Etats membres.
    Cette interpellation fait suite à la publication le 11 avril dernier d’un projet de rapport sur les gaz et huiles de schiste par le député polonais Sonik Boguslaw auprès de la commission environnement du Parlement européen. Ce projet, qui appelle de manière claire au développement massif des gaz et huiles de schiste en Europe, est officiellement présenté au Parlement. Il devrait, à n’en pas douter, fortement influencer la position de l’Union Européenne sur ces hydrocarbures fossiles, confortant une fois de plus ses choix catastrophiques en matière de politique énergétique.
    Ce rapport se refuse en effet à prendre en compte les innombrables pollutions chimiques et toxiques, les conséquences sanitaires, le gaspillage d’eau potable, la dévastation des territoires engendrés par l’exploitation des gaz et huiles de schiste aux Etats-Unis et ailleurs, préférant faire la part belle aux volontés des industriels pétroliers et gaziers.
    « La promesse d’eldorado économique lié à l’exploitation des gaz et huiles de schiste occulte gravement la réalité des impacts environnementaux et sociaux qui leurs sont liés. Les députés européens doivent résister à la pression des lobbies pétroliers et gaziers, et écouter enfin la parole citoyenne », estime Romain PORCHERON, des Amis de la Terre France.
    Exploiter les gaz et huiles de schiste, mais aussi les sables bitumineux ou les gaz de houille accroitra irrémédiablement les émissions de gaz à effet de serre et prolongera d’autant plus la dépendance de l’Europe aux énergies fossiles, au détriment de la transition énergétique basée sur la sobriété et l’efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables locales, estiment les ONG.
    Elles appellent les Etats membres de l’Union Européenne à suspendre l’ensemble des activités d’exploration ou d’exploitation de gaz et huiles de schiste déjà en cours, à abroger l’ensemble des permis aujourd’hui valides et à bloquer tout nouveau projet.

    Pour conclure :
    La mobilisation en France des collectifs anti-gaz de schiste a conduit la classe politique à s’opposer à l’exploitation de ces hydrocarbures non conventionnels. Pas question donc pour les candidats interrogés de revenir sur la loi du 13 juillet 2011 qui interdit la fracturation hydraulique, seule technique de forage disponible aujourd’hui mais dont les conséquences sur l’environnement sont néfastes.

    On pourrait croire que le problème est réglé, mais ce consensus cache des nuances :
    Si François Hollande envisage de renforcer la loi du 13 juillet, les sociétés minières américaines ne désarment pas car l’appât du gain est là, et tout le monde est bien conscient que le besoin énergétique de la planète va grandissant d’année en année, donnant ainsi l’excuse du développement croissant et incontournable des énergies.

    Alors, maintenant après le scrutin présidentiel, comment le Président de la République Monsieur HOLLANDE va-t-il gérer ce dossier avec M.MELANCHON (qui s’est rallié à M.Hollande sans condition) et ses futurs députés ainsi qu’avec les élus d’EELV qui sont maintenant dans le même « camp politique ». Le Front de Gauche est catégoriquement opposé au Gaz de Schiste, c’est d’ailleurs le chef de file de ce mouvement, les verts sont également contre mais M.HOLLANDE n’exclut pas l’Exploration qui comme tout le monde le sait avec l’article 68.3 du code minier est en fait de l’exploitation déguisée.

    C’est l’assemblée nationale qui donnera l’accord POUR ou CONTRE l’exploitation et l’exploration du gaz de schiste. Mais tous, ne craignent ils pas un dérapage probable du Président de la République et de son ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie ???????? Chacun aura donc le choix entre énergie et écologie, mais tous penserons inéluctablement, sans bien sûr le dire, à l’appât du gain.

    Il est à noter que le mercredi 3 Mai 2012, le 13ème Sommet International du pétrole à Paris n’a pas fait exception à la règle. Christophe de Margerie, le PDG de Total, a rappelé qu’aujourd’hui les prix du gaz sont 9 fois plus élevés en Asie qu’aux Etats-Unis (6 fois plus élevés en Europe). « Une différence dure à avaler pour les clients », juge le patron du pétrolier en rappelant que les prix des carburants ont augmentes de plus de 30 % entre 2010 et 2011.

    Suivons ce dossier avec attention : il est extrêmement rentable pour ces entreprises d’exploration et d’exploitation, pour la plupart étrangères (notons bien que ces sociétés ne participeront aucunement par l’intermédiaire de leurs impôts et de la distribution de leurs bénéfices au redressement de la dette Française).

    Ainsi, si ce dossier abouti, nous seront piégés deux fois : par la destruction de notre environnement, mais également par le non retour sur investissement de notre politique industrielle, d’autant que la création d’emploi (recours à du personnel Français) dans ce genre d’entreprise est aléatoire. Il est très probable que la direction et les cadres viendraient des pays où leurs sièges sociaux sont installés, limitant le risque d’engager du personnel Français, eu égard de l’opposition au Gaz de Schiste d’une partie de la population.

    Aujourd’hui, il convient de ne pas nous réjouir sous prétexte que 3 permis ont été annulés. Suivons ce dossier avec obstination, ardeur, il va très certainement y avoir des détours, des contournements, des déviations, des rebondissements, et surtout des interprétations innombrables des lois pour que notre terre soit exploitée sans ignominie.

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