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EFS vs Dracula : ça va saigner !

EFS vs Dracula : ça va saigner !

Février 2062, quelque part en France dans un centre hospitalier : un blessé entre aux urgences, immédiatement pris en charge par un brancardier. Une hôtesse d’accueil vient prendre sa carte vitale. Alité, le patient attend le médecin, mais l’hôtesse se penche à nouveau sur lui. Elle doit s’assurer qu’il est solvable et peut payer les poches de sang dont il aura besoin : elle lui demande sa carte bleue [ndr : la sécurité sociale ne rembourse plus les poches de sang, et leur cours est devenu incontrôlable sur les marchés].

Le jour où nous devrons acheter du sang

Cette fiction, je l’ai imaginée quand j’ai appris à la radio que l’EFS risquait de devoir importer du plasma thérapeutique en l’achetant sur le marché du sang et des produits dérivés : une pratique qui porte atteinte aux principes éthiques fondamentaux du système français du sang.

Sur décision de l’AFFSAPS, l’utilisation du bleu de méthylène est interdite pour le traitement du plasma thérapeutique

Dans cette affaire, l’EFS est victime d’une décision de l’AFFSAPS relative à l’interdiction de l’utilisation du bleu de méthylène dans le traitement du plasma (à partir de Mars 2012), et d’une situation imprévue : l’unique équipement situé à Bordeaux qui permet de traiter le plasma grâce à l’emploi de solvant détergent (alternative au bleu de méthylène) était en panne le mois dernier.

L’EFS se trouvait alors au pieds du mur, contraint d’acheter du plasma sur le marché pour répondre aux besoins. Heureusement, cette sueur froide a été de courte durée puisque l’équipement est à nouveau opérationnel… mais l’EFS ne décolère pas.

Le lobbying du marché du sang et produits dérivés

Je m’interroge sur notre avenir si le fonctionnement de cet établissement venait à changer (ou s’il venait à disparaître), car dans un contexte de libéralisation des marchés, la commission Européenne est sous pression.

Des dollars et du sang

Déontologie, éthique et respect de l’humain : les valeurs défendues par l’EFS sont ainsi vampirisées au nom de l’intérêt financier. Et si le souci du bien commun et de la morale commune (common decency) sont encore enracinés en France, les lobby et l’autorité de la commission Européenne pourraient mettre à mal les valeurs défendues par notre pays.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la libéralisation des marchés peut concerner le domaine du sang et de ses produits dérivé : et peut-on risquer de priver un jour une tranche de population de cette ressource vitale alors que l’AFFSAPS est dans l’incapacité de vérifier l’origine éthique des prélèvements issus du marché et vendus par des entreprises privées (à l’instar d’Octopharma).

Si vous aussi vous souhaitez protéger ce droit à la vie, rendez-vous dans un des points de collecte proposés par l’EFS pour donner votre sang.

www.dondusang.net

http://www.dailymotion.com/video/x6ppgb

Inspirations Hardware – André Chassaigne – Photos cmlburnett – Patricia.Pictures – fotos070611

3 commentaires

  1. Innocent VIII dit :

    Je ne suis pas certain que L’EFS soit le meilleur rempart pour lutter contre la marchandisation… parce que l’EFS est aux ordres du politique, son président est nommé (pour une courte durée… pas le temps de s’investir comme l’ont fait deux générations de transfusionnistes dont l’immense majorité n’a jamais failli…) par le politique et est là pour faire exécuter les décisions du politique… sans états d’âme… Si le ministre décide « on marchandise », le président dira « on marchandise »… Ne pas oublier que la réforme, si elle a fait d’excellentes choses, a participé à éliminer les « électrons libres » qui se disent au service des malades et pas « aux ordres » des politiques… et qui auraient dans des cas graves comme celui-ci constitué des remparts « dangereux » pour le politique…

    Après, je ne doute pas que « les gens de la transfusion », ceux qui sont depuis longtemps dans le milieu, soient de farouches partisans de l’éthique française… Comme ceux de l’INTS (institut national de la transfusion sanguine), autour du Professeur Philippe Rouger, qui, lui, a près de 40 ans de transfusion derrière lui… et n’a jamais fait que cela de toute sa vie, mais ça, il l’a bien fait…

    Mais il faut que les personnels de l’EFS soient bien conscients qu’un prochain jour, s’ils croient en leurs valeurs, ils seront amenés à refuser à obéir aux ordres des politiques (c’est à dire de leur président)… Ou à abandonner leurs convictions au nom de la sauvegarde de leur emploi… Pas simple…

    Tu es allé bien loin, l’ami… dans 50 ans, je ne suis pas sûr que la science n’aura pas permis, aua moins pour les globules rouges, de se passer tout simplement des donneurs…

    Moi, j’aurais commencé par « février 2022″… ça me semble hélas beaucoup plus près de la vérité… Et ce combat, notre pays a commencé à le perdre en 1994… c’est le côté obscur de l’Europe… qui n’est que le reflet du monde…

  2. Mickaël dit :

    ça reste effectivement une projection fiction, on ne sait pas de quoi demain sera fait, sous quelle échéance cela peut arriver, ni même si cela peut arriver.

    Il s’agit du champ des possibles. Comme tu le sais, l’avenir se dessine dans le temps présent : c’est pourquoi nous alertons l’opinion afin qu’elle prenne conscience du danger.

    Pour fréquenter un peu le personnel de l’EFS (je ne parle pas des hautes sphères), je peux dire que ces personnes ont une vraie déontologie, et ne manqueraient pas de réagir face au danger.

  3. Innocent VIII dit :

    Je fais partie depuis des lustres du personnel évoqué… dans les sphères « moyennes-hautes »… mais j’ai le souvenir du combat que j’ai mené en 1994, avec quelques uns… le « commencement de la fin », écriront peut-être un jour les historiens… Le jour où, au nom de l’Europe, les « Produits sanguins stables » sont devenus les « Médicaments dérivés du sang »… Mais le mouvement n’a pas duré longtemps, ni dans les hautes sphères des Assos de donneurs de sang, ni dans les personnels des « CDTS » de l’époque…

    Alors oui, les personnels de l’EFS ont une « vraie déontologie », et moi le premier, et sont en immense majorité pour que le système éthique perdure, mais combien seront-ils, le jour où la décision aura été prise par nos politiques « contraints par l’Europe », en tous cas ce sera surement leur piteuse excuse (ce qui dans mon analyse est inéluctable, j’espère juste ne pas vivre assez vieux pour le voir), combien seront-ils à présenter leur démission ? ou à dire de façon définitive « NON » (ce qui équivaudrait à se faire licencier pour abandon de poste ou insubordination) ? 🙁

    quant aux « hautes sphères », peut-être à quelques exceptions près, il y en a toujours, par convictions ou surtout opportunisme, je ne doute pas non plus de leur sincères souhaits et même volonté de voir perdurer le système éthique… mais un « haut fonctionnaire » dira toujours que la « raison d’état » doit passer avant les états d’âme personnels… que c’est la « grandeur » du métier, etc, etc… :((

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