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Juil

Kibboutz : un mirage utopiste ?

Le Kibboutz n'est-il qu'un mirage utopiste ?

Vivre en autarcie au sein d’une communauté est un doux rêve pour ceux qui imaginent un endroit où il n’y aurait aucune exploitation de l’homme par l’homme, et où l’on reviendrait à une façon de cultiver la terre plus proche de la nature. Il faut avouer qu’à l’heure actuelle, on ne perçoit plus ce rêve autrement que comme une utopie. Ce mythe a pourtant existé un temps sous le nom de kibboutz… mais les choses ont changé.

Le kibboutz de NachshonL’origine du Kibboutz

Le kibboutz, mot d’origine hébreuse (kvoutza) signifiant groupe, est par définition un groupement de personnes organisées en collectivité sur la base de la propriété commune des biens, du partage du travail, avec la volonté de développer un système égalitaire, et un mode de vie en autarcie avec pour principale activité l’agriculture. Degania, le tout premier Kibboutz, a vu le jour sur les bords du lac de Tibériade. Créé par des Juifs originaires de Russie en 1910, cette communauté autarcique surnommée la “mère des kibboutzim” a fêté ses 100 ans l’an dernier.

Quand les Kibboutzim capitalisent

Rien ne se perd, tout se transforme. C’est peut-être ce qu’il faut retenir de l’évolution des kibboutzim qui sont la preuve qu’on peut passer d’un extrême à l’autre. Aujourd’hui, la majorité des kibboudzim ont créé des entreprises à but lucratif, alors que l’idée originelle était justement de gommer les inégalités sociales, de promouvoir le partage (des ressources comme des taches) dans un système de démocratie directe et d’auto-suffisance.

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22 sociétés créées par les Kibboutzniks sont même à l’heure actuelle cotées en bourse… la soif de l’Avoir a condamné ces communautés à muter vers plus de conformisme, gommant les idéaux égalitaires de ses pionniers, pour finalement faire entrer les futures générations dans la « normalité ».

Un peu d’humour sur le Kibboutz

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(Photo Fr.Bessonnet pour Flickr)

4 commentaires

  1. Arrik DELOUYA dit :

    Le Kibboutz ou l’Utopie Vivante : d’Arrik DELOUYA

    POF / Publications Orientalistes de France, 132 p., Paris. ALC, Février 1982 ISBN 2-7169-0165-1 Préface de Serge Moscovici. Dessins d’Yves Yacoel. Avec le concours du CNRS / Centre National de la Recherche Scientifique.

    Le kibboutz a suscité, depuis plus d’un demi-siècle, une abondante littérature sociologique, appliquée à ce phénomène original qu’est le collectivisme en Israël. Mais en France, l’expérience kibboutzique est bien souvent mal connus, et peu approchée tant par la recherche universitaire que par la réflexion politique ou économique. Une étude actuelle du kibboutz, tel qu’en lui-même dans sa continuité par rapport à ses origines, mais aussi avec des transformations dues à l’évolution, était nécessaire, car la société du kibboutz constitue un champ d’investigation privilégié pour le sociologue: elle est une station expérimentale et aussi une école formant les volontaires qui poursuivront le travail des pionniers. Cette étude montre aussi que l’establishment israélien n’est pas exclusivement représentatif de la société, mais que le modèle kibboutzique joue un rôle important dans la signification historique de l’Etat. Aussi, la conception de la société israélienne tient donc une grande place dans les préoccupations idéologiques de la micro – société kibboutzique. Ce type de secteur coopératif et communautaire, qui a modelé et rendu possible la création de l’Etat juif est indissociable du rôle d’avant-garde qu’il a joué en Palestine. Dans cet ouvrage qui est le prolongement de sa thèse de Doctorat (1976), l’auteur cherche-t-il à partir d’une connaissance directe de l’institution dans laquelle il a vécu de nombreuses années, et d’autre d’une série de travaux non accessibles au public non-Israélien, en particulier des recherches du Centre de Givat Haviva à approfondir un problème central de la sociologie des communautés, l’apparition d’une hiérarchisation fondée sur les gratifications, économiques ou non, que les membres sont susceptibles de recevoir. Après une première partie conceptuelle, où il tente de se donner les instruments d’analyse nécessaires, A. Delouya étudie successivement, dans une seconde partie, les stratifications du travail, du savoir et du pouvoir, pour montrer que si est apparue, au sein des kibboutzim, et particulièrement lors de la phase actuellement encore en cours d’industrialisation, une différenciation et donc une stratification, celle-ci ne présente pas les caractéristiques d’une structure de classes.

    Le kibbutz apparaît comme une vraie « utopie vivante » qui reposerait pour Arrik Delouya sur 4 valeurs principales très proches des positions anarchistes et souvent confondues avec elles :
    1. Le volontariat, donc l’association libre, et son pendant, le possible abandon ou départ également volontaire. Le kibbutz est donc bien « cette communauté jouissant d’une autonomie économique totale et constituée par des membres qui y adhèrent en toute liberté » et dont « le départ peut, à tout moment, être librement décidé »

    2. L’égalité absolue à tous les niveaux, et une sorte pratiquée de communisme libertaire, malgré une relative rareté des biens produits (ce qui empêche le rêve utopique de société d’abondance et de la « prise au tas », vision qu’ont osée certains anarchistes qui lisaient KROPOTKINE de manière trop schématique). La répartition se fait en fonction des besoins, non du travail fourni, un adulte âgé, un infirme ou un jeune enfant prétendant aux mêmes droits qu’un actif dans la force de l’âge. Le principe d’égalité solidaire est essentiel.

    3. L’autogestion ou démocratie directe existe presque partout malgré d’inévitables dérives centralistes. Il s’agit bien en théorie d’un « monde sans pouvoir ni coercition », et d’un monde « sans État » comme le rêve de l’anarchisme. Cette autogestion (on devrait dire cette utopie) nous précise S. JONAS est «à la fois économique, sociale, municipale et urbanistique ; (c’est également) une autogestion de la production, de l’enseignement et de la culture ». La démocratie directe repose sur la primauté de l’Assemblée Générale, expression fondamentale de tous les membres, qui au début était au moins hebdomadaire, et qui exerçait les trois pouvoirs législatifs, judiciaire et surtout exécutif, comme l’a développé Menachem ROSNER. Les enfants, par groupes d’âge, sont encouragés également à pratiquer cette auto – administration de leurs activités et à multiplier les assemblées et les comités.

    4. Le collectivisme parfois quasiment intégral, est pratiqué avec parfois des formes coopératives plus modérées.

  2. Mickaël dit :

    Bonjour Arrik,
    le principe de la zone commentaire est d’ouvrir le dialogue autour d’un sujet. Je t’invite donc à parler de ta vision du kibboutz, et à nous présenter ton livre autrement qu’en faisant un copié/collé.
    Merci d’avance.

  3. Arrik DELOUYA dit :

    Ayant moi-même vécu dans un kibboutz de 1964 à 1972 (incluant la période militaire, mes universités, mon travail d’éducateur et instructeur, j’ai pensé achever cette première étape de ma vie qui est un véritable commencement par la préparation d’une thèse de doctorat sur le sujet et les transformations imposées avec le temps et les coups de boutoirs incessants de la société extérieure.

    Ce n’était pas un hasard si dès 1976, j’avais intitulé ma thèse « Existe-il une stratification sociale dans le kibboutz ? » Tous les problèmes sociologiques posés étaient alignés pour montrer que malgré les problèmes posés de l’idéologie en perte de vitesse et du salariat comme nouvelle introduction du Cheval de Troie, le kibboutz ne perdait pas sa spécificité.

    Il a su s’adapter aux nouvelles formes d’organisation capitaliste et adopter toutes les nouvelles technologies. Ceci étant, la qualité de vie au kibboutz est égale à la société ambiante mais jamais inférieure.

    Voilà pourquoi j’ai intitulé mon livre préfacé par S. Moscovici et bénéficiant du soutien financier du CNRS « Le Kibboutz ou l’utopie vivante ». Malgré les nouveaux problèmes posés, le kibboutz continue de vivre ses idéaux même s’ils ne sont plus adaptés à l’ascétisme séculier.

    Avoir tenu plus de 100 ans en longévité et continuant de séduire les start-ups et autres innovations technologiques, le kibboutz continue dans sa course pour améliorer le confort de ses membres même si le communisme intégral n’est plus au RDV.

    Arrik Delouya

  4. Moti dit :

    Bonjour Arik,

    Franco-Israélien de 54 ans, ayant vécu en kibboutz et actuellement en questionnement personnel sur une thèse de doctorat (j’ai suivi un cursus de management des organisations sociales et sanitaires et c’est donc plus sous l’angle social – et socio-économique que j’imagine mon approche), je pensais aborder le sujet sous un autre aspect et serai(s) très heureux de prendre contact direct avec toi.

    Cordialement,

    Moti

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