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Les pro-dématérialisation ont-ils une tendance matérialiste ?

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J’aime lire. Je suis d’ailleurs abonné à la bibliothèque de ma commune où j’emprunte quantité de livres sur la nature et l’écologie. Cette passion de la lecture m’a poussé à me demander si je n’avais pas intérêt à acheter une liseuse numérique (aussi appelée lecteur électronique ou e-reader).

Liseuse, tablette, e-book : c’est quoi la différence ?

Pour s’adonner à la lecture numérique, il convient d’utiliser ce qu’on appelle une liseuse. L’e-book est quant à lui le contenu (généralement un fichier pdf ou txt), et les tablettes numériques ont quant à elles une utilité plus orientée multimédia.

Ces dernières ne sont pas des liseuses, mais des appareils dont l’écran projette de la lumière. A l’usage, la qualité de lecture s’apparente à celle d’un ordinateur, donc moins confortable qu’un e-reader ou qu’un livre papier.

Il existe également des livres en format audio qu’on peut écouter sur un lecteur mp3, notre deviseur à l’imprimerie s’adonne d’ailleurs joyeusement à cette pratique.

Le rôle de l’e-book dans la préservation du patrimoine

Si l’usage quotidien des livres numériques prête à controverse, il trouve toute sa place en matière de préservation du patrimoine. Le papier étant une matière vivante soumise à l’épreuve du temps, la numérisation des ouvrages anciens permet d’en conserver l’image. A noter en ce sens, l’initiative Annecy Libris de la bibliothèque d’Annecy qui permet aux internautes d’accéder aux fonds anciens de la ville.

Durée de vie, et fin de vie d’un livre

Le livre papier : la durée de vie d’un livre varie principalement du fait de la reliure qui est utilisée lors du façonnage par l’imprimeur. Généralement, la tranche est collée (dos carré collé). Pour augmenter la durée de vie d’un ouvrage, une reliure cousue est conseillée (mais c’est également la plus coûteuse).

Dans les 2 cas, on peut objectivement affirmer que la durée de vie d’un livre dépasse les 10 ans, mais les rayons des bibliothèques regorgent d’ouvrages qui vont bien au delà ! En fin de vie, on peut toujours livrer au feu ses vieux bouquins pour se chauffer, mais il y a un petit côté autodafé qui n’est pas sans rappeler une époque tumultueuse de notre histoire (genre 1933 par exemple). Vous pouvez toujours les mettre au tri sélectif, ou les recycler en œuvre d’art.

Le livre numérique : consulter plusieurs ouvrages à partir du même support a un effet positif sur le coût carbone de départ, meilleur à ce stade.

Mais dans les faits, selon les Amis de la Terre, l’idée reçue selon laquelle le livre électronique est écologique est un leurre complet. Entre l’écran, la batterie au lithium et les différents composants, le nombre de déchets différents à traiter est nettement plus élevé, et les filières de recyclage peu développées.

Concernant la durée de vie d’un livre numérique, je pense qu’on peut la comparer à celle d’un PC (6 ans), mais tout dépend de la longévité des composants.

Investir dans une liseuse numérique est-il rentable ?

250€ : c’est le coût d’une liseuse numérique de qualité. En dessous, il faut prévoir un rendez-vous chez son ophtalmo ou envisager une greffe du globe oculaire.

15€ par an : c’est le coût d’un abonnement à la bibliothèque (source Bibi).

Pour être rentable, votre e-reader doit avoir une durée de vie de plus de 16 ans : bonne chance !

2 façons de voir le livre

Le livre c’est un contenu (un texte, des images) et un contenant (papier ou e-reader). Si j’accorde plus d’importance au fond qu’à la forme c’est que pour moi un livre est avant tout sensé transmettre un savoir, une histoire, des sensations, de l’émotion.

Mais on peut tout aussi bien s’attacher au contenant et développer bon gré mal gré un côté matérialiste. Qu’on aime les beaux livres reliés à la main ou qu’on préfère la ligne épurée d’une liseuse, ou d’une tablette (i-pad…), notre perception se concentre alors sur l’enveloppe.

E-reader : le mythe paradoxal de la dématérialisation

Mais au final, alors que leur volonté est de supprimer des supports, les pro-dématérialisation ne développent-ils pas une tendance matérialiste ?

Je répondrais à ma propre question en disant que dans le cas du livre numérique, le contenu n’est à l’heure actuelle plus une fin en soi, et que par l’action combinée de la mode, d’une certaine habileté marketing des marques, et grâce aux talents de certains designers, les consommateurs ont une tendance à sacraliser les objets qu’ils utilisent… et que par extension, ils développent une tendance matérialiste ou le contenant tient une place plus importante que le contenu.

En d’autres termes : oui, mais il y a toujours des exceptions…

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(Photo via Plastic Logic)


9 commentaires

  1. Michèle dit :

    Grand merci pour cette fine analyse, je me posais des questions, là ma décision est prise, pas d’ebook pour le moment. D’ailleurs j’ai aussi un abonnement à la bibliothèque publique, on n’a pas encore trouvé mieux je pense.

  2. Matt dit :

    Pourquoi comparer une liseuse à un abonnement de bibliothèque ?
    Suivant cette logique, toute personne lisant plus d’un livre par an devrait être abonné à la bibliothèque plutôt que d’acheter plusieurs livres par an ?

  3. Mickaël dit :

    @Michèle,
    merci pour le commentaire, je pense aussi que le fait de mutualiser les supports reste la solution la moins impactante.

    @Matt,
    oui, selon cette logique économique et écologique, une personne lisant plus d’un livre par an trouvera un intérêt à s’abonner à la bibliothèque de sa ville.

    Après, pourquoi comparer une liseuse à un abonnement à la bibliothèque ? ça n’a peut être rien à voir, reste que le but final est identique et prédomine sur la formule (quelle qu’elle soit) : lire.

    En tout cas je suis ravi que tu suives l’éco-blog !

  4. Voici un ACV entre l’Ebook et le livre papier (en anglais), réalisée en 2009, qui pourra sans doute éclairer vos réflexion : http://ekstranet.e-boks.dk/files/ekstranet/e-Boks_LCA-analyse_dansk-resume.pdf

  5. Mickaël dit :

    @Julien,
    en fait je crois pas qu’il s’agisse de la version anglaise 🙂 !

  6. julien dit :

    La vidéo est pleine d’erreur… le papier recyclé est n’est pas blanchi au chlore… aujourd’hui la plupart des papiers sont sans chlore… de plus le blanchiment se fait avec du savon de Marseille (du moins ses composants)… Bref… vivre le livre

  7. TAKA dit :

    Lire ,c’est aussi le plaisir d’avoir en main le livre .Ca donne une impression de froideur ces ebboks ,pas convaincue pour deux sous

  8. Patrick dit :

    Je lis en moyenne 2 à 3 livres par mois.
    Pour aller à mon travail je prends le train et c’est la que je lis le plus avec le WE.
    Comme d’habitude le train est bondé et avoir un sac à dos avec un gros pavé de 900 pages du style « les bienveillantes » je vous assure que ce n’est pas de la tarte.
    J’aime les beaux livres et ma biblothèque en est pleine. J’ai donc acheté une liseuse pour les livres « normaux » et la, c’est un pur plaisir.
    J’ai tous les classiques ainsi que les gros pavés que j’ai pu acheter en numérique. C’est le confort absolu en terme de lecture. Pas de fatigue, c’est léger et je peux le mettre dans ma besace sans prendre de place.
    Mis à part un aspect purement psychologique je n’y vois aucun incovénients. Il faut essayer avant de crtiquer.
    Pour l’écologie rien n’est prouvé jusqu’à présent.

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