Et si la terre s’en sortait toute seule ? Ou, comment déculpabiliser la ménagère de moins de 50 ans ?

Et si la terre s’en sortait toute seule ? Ce titre urticant pour les écolos n’est autre que celui du livre de Laurent Cabrol, ancien animateur vedette de l’émission Télé-Achat qui aurait pu titrer : Et si l’on se croisait les bras ?

King of marketing

La tactique commerciale de Laurent Cabrol n’a pas su me toucher, peut-être parce que je n’entre pas dans son cœur de cible : la ménagère de moins de 50 ans (voir 70) ?!

Comme je ne veux pas qu’on me reproche de parler sans savoir mais que je n’ai pas l’intention de mettre un kopeck dans ce livre, j’ai glané quelques extraits sur la toile.

Morceaux choisis

  1. [nous émettons, nous, Français, 2 à 3 % seulement du total des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Nous devons ces performances à nos centrales nucléaires qui nous donnent de l’électricité propre pendant que les Chinois mettent en service une centrale à charbon toutes les semaines]

    Produire 2 à 3 % des émissions de GES de la planète alors que les Français représentent 1 % de la population mondiale n’est pas selon moi ce qu’on peut appeler une performance.

    Concernant le terme d’électricité propre, j’ai en souvenir une assemblée où le directeur Europe d’EDF avait pris la parole pour venter les mérites de l’énergie nucléaire. Profitant du créneau offert pour poser des questions après le discours, Julien (de l’éco-blog) lui avait alors demandé ce qu’il comptait faire des déchets nucléaires. Brodant un semblant d’explication, Marc Boudier, visiblement gêné, avait répondu qu’il comptait les enfouir faute de solution pour les traiter. Aussi, je ne crois donc pas qu’on puisse objectivement parler d’électricité propre, et cette réponse hésitante n’est pas sans me rappeler le scandale de la Cogéma.

  2. [À l’échelle de l’atmosphère, nos rejets sont insignifiants. En réduisant de 10 kilomètres/heure notre vitesse sur les autoroutes, nous économiserions en un an ce que les Chinois consomment en trois heures]

    Nos rejets seraient insignifiants à l’échelle de l’atmosphère s’il n’y avait que la France sur terre. Or, l’opulence incitative de l’Europe ou des U.S.A pousse les autres à copier notre mode de consommation. Quel serait l’état de l’atmosphère si chaque foyer Chinois, Indien, Brésilien et Africain consommait autant que nous ? A nous de prendre les devants pour proposer un modèle de société plus responsable.

  3. [Est-ce que le climat qui est le nôtre aujourd’hui a été déterminé, il y a quelques siècles, dans un autre coin du globe ? C’est fort probable. Mais alors, pourquoi les océans ne seraient-ils pas aussi responsables de l’élévation des températures ? Ils libéreraient dans l’atmosphère une chaleur accumulée il y a bien longtemps, provoquant le réchauffement de la mer et de la planète]

    Autant décharger l’homme de ses responsabilités puisque le cycle naturel participe à l’élévation des températures !!!

    La pollution est un phénomène causé par l’homme, et qu’il peut limiter… alors pourquoi s’en priver ?

Mon avis

S’il est un point qu’on ne peut reprocher à Laurent Cabrol, c’est son optimisme : Et si la terre s’en sortait toute seule… en d’autres termes, et si nous basions notre avenir commun sur cette supposition ?

Je dirais juste WAKE-UP (réveille-toi) ! Quand la poubelle est pleine, il faut la vider… mais l’on peut toujours espérer qu’elle se vide toute seule !

Si ce livre a trouvé son auditoire, il semble toutefois regorger de sous-entendus et d’hypothèses. Je me permets donc moi aussi de vous en proposer une, très aléatoire vous en conviendrez : et si Laurent Cabrol avait tenté de manipuler l’esprit de la ménagère de moins de 50 ans pour la déculpabiliser et l’encourager à consommer toujours plus alors qu’il était à l’antenne ?

(Illustration stefleschane | Flickr)

About the author
Community Manager de l'imprimerie Villière (imprimerie écologique).

9 Comments

  1. Félicitation, de parler de ce livre est une preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit car au premier abord on est tenté de complètement ignorer ce livre et cet homme. Pourtant comme vous le dites, il est important de prendre en compte un discours qui touche de plus en plus nos contemporains. La comparaison n’est peut être pas heureuse, mais je trouve que c’est comme ignorer Le Pen et son FN alors que 15% des français lui font confiance. Nous sommes une société entière, avec ses écolo et ses septiques, avec ses curés et ses meurtriers. Nous sommes UNE société et nous devons agir sans laisser personne sur le carreau. Alors oui ce livre et cet auteur me semble stupide et il va droit dans le mur en disant « continuez de consommer », mais il répond a des peurs de notre société…

  2. @LGV, je crois qu’une des grandes peurs qui anime nos contemporains est de devoir revoir à la baisse leur niveau de confort. Or je crois aussi qu’avoir un peu moins de confort permettrait de mieux apprécier ce qu’on a déjà, et de se focaliser sur l’essentiel… moins sur le matériel.

    On est d’ailleurs énormément parasité par tous ces biens qu’on accumule, alors qu’on peut se passer de beaucoup de choses sans pour autant abaisser son niveau de vie (voir même l’élever).

    Un exemple tout simple : on trouve à Paris des couples qui habitent des 20m² (parfois moins). Est-ce une nécessité, du fait d’habiter en province, de construire des maisons dépassant les 200m² ? A t-on pensé qu’au final on passerait plus de temps à entretenir ces espaces qu’à en profiter réellement ?

    Il me semble qu’on peut parfois se tromper, céder à un coup de cœur qui va nous faire plaisir sur le moment… mais qu’en sera t-il plus tard ? Est-ce que nos biens ne deviennent parfois pas des boulets ?

    PS: tu noteras, pour une fois que je défends la dématérialisation !

  3. Je l’ai vu ce matin sur « Télématin » et il n’a pas réussi à me convaincre. Son énervement m’a laissée perplexe.
    Continuons chacun à faire attention à la Terre au quotidien sans pour autant vouloir endoctriner qui que ce soit.

  4. @Michèle,
    il y a trop souvent un amalgame entre les verbes sensibiliser et endoctriner… et les écolo-phobiques jouent particulièrement sur cette corde pour faire passer les écolos pour des illuminés.

    Je ne vais pas frapper aux portes des maisons le Dimanche pour vendre de l’écologie. Je ne prétends pas qu’une personne vie dans le pêché si elle est au volant d’un 4×4 en ville (même si par principe je n’achèterais jamais ce type de véhicule). L’écologie est un mode de vie (un courant de pensé à la rigueur), mais certainement pas une religion et encore moins une secte.

    S’il y a des dérives (et je l’admets sans problème, c’est comme partout), il y a des brebis galeuses qui discréditent l’ensemble des personnes qui pensent de cette façon… des extrémistes qui veulent imposer aux autres un mode de vie.

    Pour moi, cette situation a trop durée. Nous ne sommes pas des ayatollahs du vert et ne prêchons pour aucune paroisse, nous ne nous adonnons à aucun culte et n’adorons pas Gaïa, nous ne préparons pas de chapatis à base de glands dans des huttes sans eau courante ni électricité, ni ne nous chauffons à la bouse de vache. Nous ne vivons pas dans le passé, bien au contraire, nous nous projetons vers l’avenir et sommes attentifs aux nouvelles technologies et techniques qui permettraient à notre civilisation de progresser. Nous développons nos facultés d’adaptation à notre milieu comme l’homme l’a toujours fait. Je ne penses pas être rétrograde, je vais de l’avant quand les écolo-phobiques eux sont restés coincés au XXème siècle.

    PS: pour moi, du moment où l’on cherche à imposer aux autres l’écologie, on ne fait plus parti de ce courant. Adopter une position vis à vis d’un sujet ne veut pas pour autant dire qu’on cherche à imposer son point de vu. L’écologie est un débat d’idées.

  5. Donc, nous sommes d’accord ! Je ne parlais pas de toi en parlant d’endoctrinement puisque je publie également un blog sur le respect de la terre, mais des « contres-tout » qui détruisent au lieu de construire et critiquent au lieu de chercher du positif dans toute démarche pour ce respect de l’environnement.
    Excuse-moi si mon commentaire n’était pas clair !
    A bientôt + j’ai oublié d’ajouter à nouveau merci pour le livre gagné ici « Demain, seuls au monde ? » ainsi que le chèque pour la jardinerie Botanic.
    A très bientôt et surtout bonne continuation.

  6. @Michèle,
    ne t’inquiètes pas, je n’avais pas pris ça comme une attaque. J’ai simplement rebondit sur le terme car par vécu, être écolo c’est souvent s’exposer aux critiques de ceux qui se complaisent dans l’immobilisme. Ce sujet m’inspire d’ailleurs… peut-être un billet en perspective !

    Dis-nous ce que tu penses du livre qu’en tu auras terminé sa lecture, et au fait, qu’est-ce que tu as acheté chez Botanic ? A+.

  7. Promis, je comptais passer après la lecture du livre, et, pour la jardinerie, je ne pourrai y aller qu’en septembre car ce sera sur ma route à ce moment-là, et, vu le beau chèque, je pense que j’aurai l’embarra du choix sur place. (J’habite en Belgique).
    A bientôt pour un prochain concours, je file t’ajouter à ma liste « Tendance verte » !

  8. Bonjour,

    il me semble que le débat qu’ouvre ce livre n’est pas l’homme doit-il continuer de consommer tout ça en polluant, tout le monde est d’accord pour dire qu’il est urgent de baisser notre impact.
    Le débat du livre se situe sur les causes du réchauffement climatique. Dans son livre, il explique que c’est un phénomène très complexe, dont nous ne connaissons presque rien. Il est donc absurde de vouloir l’expliquer seulement par la pollution récente (à l’échelle de la terre) de l’homme alors que des phénomènes de plus grande ampleur ont eu lieu par le passé, alors qu’il n’y avait pas cette pollution humaine. Quelle est alors la part de celle ci dans le réchauffement climatique ? Etrange qu’il y ait un tel consensus… Qui finance les études sur lesquels s’appuient les experts du GIEC ? Est-ce que l’écologie serait un relais de croissance ?…

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