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Avr

Natalité : faut-il fixer des quotas ?

Si l’on parle de quota, il me vient à l’esprit des produits comme le lait ou la viande. La définition du mot évoque quant à elle les notions de quantité et de réglementation, qu’il s’agisse d’une chose ou d’une personne.

La maîtrise de la démographie est un sujet délicat et viscéral :

  • Délicat, car dans notre société, l’enfant a pris de plus en plus de place en devenant un pôle d’intérêt social et économique fort (il n’y a d’ailleurs guère plus de 100 ans que son statut a vraiment évolué). Avoir un enfant est aujourd’hui une finalité pour les couples qui au regard de leur fécondité entrent ou non dans la norme.
  • Viscéral, car entrevoir qu’on puisse toucher au prolongement de soi-même, et à celui de l’espèce humaine, est tout bonnement impensable, et pourrait s’apparenter à de l’automutilation.

Choque frontal sans ceinture

Malgré nos tabous, nous arriverons tôt ou tard à une situation où des choix s’imposeront car, dans un espace donné (la terre), aux ressources limitées, la croissance de la natalité ne peut être exponentielle.

Alors que notre société tend à adopter une attitude rationnelle vis à vis d’une majorité de situations, c’est dans un rapport émotionnel qu’elle s’inscrit vis à vis du sujet.

Dans une approche purement rationnelle, il me semble que le management des utérus risque de revenir sur le tapis dans les prochaines décennies.

Sous quelle forme ? La réponse est peut-être déjà inscrite dans les livres d’histoire et utilisée depuis la fin des années 70′ : la politique de l’enfant unique.

Faire survivre l’humanité en l’avortant

Deng XiaoPing a su contenir la démographie de son pays de façon pragmatique, et parfois répressive.

Dans un contexte où le mouvement communiste est majoritaire, les décideurs ont entrepris le changement pour le bien commun du peuple.

Pourtant, se résigner ou être contraint sont deux approches totalement différentes. C’est donc au détriment de la sensibilité des personnes que cette politique a été conduite.

L’humanité et la démographie se construisent sur une échelle temps que nous avons parfois du mal à considérer, tout comme les répercutions d’une décision.

En Chine, les conséquences de la politique de l’enfant unique sont multiples : avortement, enfant roi, obésité, retraites en périls, déséquilibre démographique (le rapport serait aujourd’hui de 120 garçons pour 100 filles, les couples préférant avoir un fils)…

Il est pourtant une solution qui prend en compte le désir d’enfant(s) sans compromettre les chances de l’espèce humaine : réduire les besoins nécessaires à chaque individu.

Alternative viable mais limitée

Le principe du développement durable consiste à développer une activité en tenant compte de son impact à court, moyen et long terme sur l’environnement, les conditions sociales et l’éthique.

Pour réduire les besoins nécessaires à chacun, une prise de conscience quant à sa façon de consommer doit être engagée. Au delà de l’aspect environnemental et de la notion de partage, il n’y a pas d’avenir possible pour l’homme si ses ressources sont trop faibles.

Si l’on diminue nos besoins, d’autres naissances sont alors possibles sans compromettre nos chances de nous développer et de nous épanouir.

Mais comme tout système, le développement durable (je préfère le mot responsable) a ses limites. Réduire les besoins de chacun ne fait que nous donner du temps.

Si la démographie n’est pas maîtrisée, la donne sera la même à plus un moins brève échéance (de plusieurs décennies à quelques centaines d’années).

Alternatives techniques et aléatoires viables

Après la densification des zones déjà occupés, une solution alternative mais plus difficile à mettre en place pourrait être de trouver de nouveaux espaces vitaux.

La question de la gestion des ressources et de l’exploitation agricole serait alors primordiale : l’agriculture devenant ainsi un métier à haut potentiel rémunérateur (j’aurais du reprendre l’exploitation agricole de mon père !).

La conquête de nouveaux espaces pourrait se traduire par la colonisation de territoires jusqu’alors inexploités :

  • construction en haute montagne.
  • vie sur l’eau : le quartier de Ijburg à Amsterdam est connu pour ses maisons flottantes, mais l’on peut aussi penser aux péniches et bateaux d’habitation.
  • habitat dans les fonds marins : des projets de maisons sous- marine sont à l’étude.
  • vie sous terre : j’imagine que ces espaces seraient réservés aux classes sociales défavorisées.
  • et pourquoi pas… occupation de l’espace aérien : en utilisant la technique de lévitation magnétique ou en créant des bâtiments volants fonctionnant à l’hélium-3.

La conquête de l’espace est elle aussi une piste envisageable, mais pour l’heure, aucune planète habitable dans la lunette astronomique.

Mon avis personnel

Ma vision rationnelle : la régulation des naissances ne devrait pas se faire par la contrainte, elle doit résulter d’une prise de conscience globale encouragée par les différents gouvernements (sous forme d’aides financières aux familles ?). Un accord international quant au nombre d’enfant à privilégier devrait permettre de placer tout le monde au même niveau.

Ma vision émotionnelle : transmettre la vie est peut-être ce que nous ayons de meilleur à faire sur terre. Il ne devrait jamais être question d’empêcher les gens d’avoir des enfants s’ils en éprouvent l’envie ou, plus fortement, le besoin.

L’accord entre ces 2 visions réside pour moi dans le choix d’une solution alliant l’incitation à freiner les naissances et la diminution des besoins de chacun.

Le débat est ouvert

  • Quelle est votre opinion sur le sujet de la démographie mondiale et du problème de régulation des naissances?
  • Comment imaginez-vous cette problématique se traduire demain dans les faits ?

+ d’infos :

Télécharger mon schéma complet
Modeste proposition (à prendre au second degré)
Un constructeur français de maisons flottantes


18 commentaires

  1. Manso dit :

    Clairement, la Terre ne pourra pas accueillir « dignement » les plus de 9 milliards d’humains prévus pour 2050. En effet, entre 1,5 milliards de personnes (les occidentaux + les classes aisées des pays en développement) ont réussi par leur consommation à mettre sérieusement à mal les équilibres écologiques de la planète (dérèglement climatique, pillage organisé des ressources fossiles, détérioration des terres arables, disparition de la grande faune sauvage et j’en passe…). Par quel « miracle » une population SIX FOIS supérieure pourra-t-elle survivre correctement?

  2. Gabrielle dit :

    bonjour, la notion de « contrainte » à la limitation des naissances ne vaut finalement que pour les pays développés qui ont accès librement à la contraception et où avoir un enfant est un choix.

    j’avais vu quelque part une « carte de la contraception »: finalement très peu de femmes ont accès à un contraceptif (et y ont recours).
    j’ai lu également que lorsque les femmes peuvent les utiliser, le taux de natalité chute de lui-même sans mesures coercitives (je peux essayer de retrouver la source). et la santé et le niveau d’éducation des femmes (et des enfants qu’elles choisissent d’avoir) s’améliore, mais c’est un autre débat.

    il me semble donc que la première chose à faire est de donner l’accès à la contraception?

  3. Mickaël dit :

    @Gabrielle,
    je crois comme toi effectivement que les moyens de contraception ont un rôle important à jouer quant au problème d’une démographie trop dense.

    Concernant l’accès à la contraception, je dirais simplement qu’il y a avant toute chose un manque d’information et de connaissance, dans notre société occidentale et plus encore dans les pays pauvres.

    Connais-tu par exemple la méthode sympto-thermique utilisée par les femmes Aborigènes depuis la nuit des temps ? Il s’agit d’une méthode de planification naturelle des naissances qui consiste à repérer les jours fertiles et les jours infertiles du cycle féminin.

  4. Heidi dit :

    Ce siècle verra la guerre de l’eau, il y aura comme toujours les riches qui pourront vivre et les autres périront.
    Ca ne changera pas des masses, puisque le problème de l’eau n’est déjà pas pris en compte et qu’on (certains) meurt déjà à cause de l’eau polluée.
    Drôle d’équilibre qui ne semble pas gêner la conscience des pays riches.

  5. Manso dit :

    @Gabrielle & @Mickaël
    500 000 femmes meurent tous les ans en couche, du fait de grossesses trop précoces ou trop rapprochées…
    En fait, on peut à la fois sauver un maximum de vies humaines et faire en sorte de limiter la croissance démographique exagérée de certaines régions, ce en mettant en place une réelle planification familiale avec entre autres la gratuité de la contraception dans les pays en développement.
    C’est en tous cas ce que demande l’association francophone Démographie Responsable.

  6. Manso dit :

    Salut @Mike_Dragir, je ne pense pas que le problème se pose de cette façon.
    En effet, à l’heure actuelle, pour ce qui concerne l’Afrique subsaharienne en particulier, il y a 20% des femmes qui ont accès à la contraception, 20% d’autres qui ont une demande insatisfaite et donc les 60% restantes qui ne se posent pas vraiment de questions car elles sont totalement sous l’emprise de leurs maris ou du clan familial élargi.
    Les enfants qui naissent actuellement proviennent donc, grosso modo, de 80% des femmes.
    Rien qu’en donnant un accès gratuit à la contraception on éviterait donc la naissance d’un quart des 1,6 milliard de nouveaux enfants prévus d’ici 2050: c’est à dire 400 millions (l’équivalent de ce que les dirigeants chinois ont réalisé, mais eux sous la contrainte…).
    De plus, si le financement internationnal ne se limite pas au planning familial, mais s’étend aussi à l’instruction et donc à « l’émancipation » des femmes, il y a fort à parier qu’on peut stabiliser la population des pays en voie de développement en quelques décennies.
    Point de « régulation des naissances », ni de contrainte dans un tel programme, « juste » du pragmatisme, des investissements financiers et de la bonne volonté…

  7. demo dit :

    Au moment où bon nombre de pays ne renouvellent pas leurs populations et que certain sont confrontés à un crash démographique qui les fera disparaître comme la Bulgarie, l’Italie ou l’Allemagne, avec toutes les conséquences économiques qui y sont liées (paupérisation des séniors, manque de compétitivité, fermeture d’entreprises), espérer que la natalité baisse encore, c’est espérer des pays peuplés de vieux pauvres.

  8. Manso dit :

    @demo, il ne faut pas tout mélanger…
    Le problème (?) de la dénatalité occidentale, dans un premier temps, n’en est pas un. En effet, cela ne fera pas de mal à l’Europe de décroître un peu (empreinte écologique très excessive; villes, côtes et transports saturés). Dans un second temps, si le phénomène dépassait certaines limites, on pourrait inverser la tendance si besoin était.
    Par contre les plus de 2 milliards de nouveaux arrivants prévus au sud sont un véritable problème et la planète (déjà partiellement mise à sac) ne pourra pas les accueillir dignement: on ne peut pas croître indéfiniment dans un monde fini…

  9. Mickaël dit :

    @Manso,

    Concernant l’Afrique, je dirais que :
    – D’un côté il y a un manque de moyens : préservatifs, pilules, stérilets, etc…
    – De l’autre un manque de connaissances : comment les utiliser, quelles sont les alternatives (contraception naturelle…), utilisation de la pilule du lendemain…

    Si l’on (les pays dits développés) apporte des moyens aux pays pauvres sans apporter les connaissances, comment feront les gens s’il n’y a plus d’aide ? Il faut partager aussi le savoir et je crois que le problème est plus profond en Afrique et sur toute la planète (illettrisme, voir analphabétisme), et dépasse le simple cadre de la contraception.

    Alors on pourrait voir cela comme une nouvelle forme de colonisation, mais je dirais que l’envie d’apprendre est universelle et que dans ce cas ci, elle émane des populations, et surtout des femmes.

  10. Manso dit :

    @Mickaël,
    Prenons l’exemple d’un article tout récent du journal malien accessible ici
    http://www.maliweb.net/category.php?NID=59600&intr=
    qui dit entre autres ceci: « Le Mali connait un retard dans la transition démographique comparé à la plupart des pays africains. Selon l’enquête démographique de Santé du Mali IV, la prévalence contraceptive au Mali est l’une des plus faibles de l’Afrique sub-saharienne soit 7% alors que la demande potentielle en planification familiale est de 31,2%. »
    Pour satisfaire cette demande, le pays manque donc de moyens financiers. Et la meilleure solution serait une aide internationnale. Le prochain sommet du G8 qui doit se tenir en juin au Canada doit aborder le problème et décidera peut-être de financer un peu plus la contraception: une pression est en train de s’exercer sur les décideurs…
    Ceci dit, effectivement, il faut travailler sur le long terme et là la solution passe par l’éducation, mais il n’y a aucun relent de colonialisme dans l’affaire: les enseignants sont des autochtones, tout au plus pourraient-ils être rémunérés par la communauté internationale.

  11. LGV dit :

    Avant tout, je me dois de rappeler que seuls 10% des individus consomment 80% des ressources, nous sommes dans ceux là bien sûr. La question de la terre qui ne peut supporter d’avantage de population fait le jeu d’idées racistes où l’africain est montré du doigt pour ses nombreux enfants.
    Maintenant à propos du sujet de contrôle des naissances, j’ajoute l’exemple de l’Inde qui, comme la Chine, a tenté une politique nataliste unique. Seulement l’Inde est une démocratie et les choses n’ont pus être imposées. Mais les primes ont eu les même effets indésirables qu’en Chine : des petites filles ont été jetées à la décharge. En Inde, les échographies sont interdites avant la limite de l’IVG parce que sinon les parents avortent souvent lorsque le sexe ne leur convient pas (fille).
    Mon avis est qu’effectivement, vus les « progrès » de la médecine et l’amélioration de la qualité de vie générale (à discuter), nous auront un jour ou l’autre besoin de gérer notre nombre. Et même si ce n’est pas tout de suite, il est utile dans discuter lors d’articles comme celui-ci par exemple.
    Alors merci de soulever le problème dans ce très bon article, la question reste ouverte…

  12. LGV dit :

    je suis désolé pour les fautes qui peuvent peut-être rendre illisible mon commentaire !

  13. Manso dit :

    @LGV, « 10% des individus consomment 80% des ressources, nous sommes dans ceux là bien sûr ».
    Le premier chiffre cité me semble inexact. En effet, la terre compte 6,8 milliard d’habitants et 10% représente alors 680 millions d’individus.
    Le « nous sommes de ceux-là » sous entend qu’il s’agit de ce qu’on appelle les occidentaux, or Europe + Amérique du Nord + Japon + Australie + quelques autres représentent déjà 1,34 milliard de personnes soient 20% de la population du globe. A ceux là, il faut ajouter les classes aisées des pays en voie de développement qui consomment tout autant (sinon plus, car pas vraiment sensibilisées à l’environnement). On doit pouvoir donc rajouter à peu près 5% de la population totale et donc on arrive à 25%, soit 1/4 de la population totale qui surconsomme.
    Qu’il faille baisser cette consommation et la rendre moins polluante est une nécessité, mais il faut bien voir que les 3/4 des autres habitants de la planète n’aspirent qu’à une chose: vivre « comme nous »… A empreinte écologique constante (déjà trop élevée puisque l’humanité consomme déjà 1,2 planète), tout gain obtenu par les 3/4 de personnes du sud va déjà devoir s’accompagner d’une baisse drastique de notre mode de vie (qui pour au moins la moitié d’entre nous n’est déjà pas si reluisant que cela).
    Il semble donc évident qu’une des premières mesures à prendre serait de stopper (par des moyens démocratiques bien entendu) la croissance démographique.
    Et comme le terme a été remis à la mode avec les « histoires aériennes » récentes, il ne s’agit même pas d’une mesure de précaution, mais tout bonnement d’une mesure de prévention: les risques sont dores et déjà avérés…

  14. Je pense qu’on en est a un stade ou les quotas sont le seul moyen mais va expliquer cela aux francais! bon courage!

  15. Mickaël dit :

    Suite à un commentaire reçu de la part d’un lecteur (qui ne sera pas publié), je vous invite à prendre le temps de lire cet article en entier.

    La lecture en diagonale nous pousse parfois à tirer des conclusions erronées sur le sens d’un billet et sur les intentions de son auteur.

  16. Manso dit :

    Une des façons de tenter de limiter la croissance démographique insoutenable de l’espèce humaine est de permettre aux femmes qui le désirent d’autolimiter leur procréation.
    C’est le sens de la campagne qui vient d’être lancée en faveur de la gratuité de la contraception dans le monde.
    Une pétition peut être consultée (et éventuellement signée) ici:
    http://www.lapetition.be/en-ligne/ptition-en-faveur-de-la-gratuit-de-la-contraception-dans-le-monde-7343.html

  17. Loïc Delahaye dit :

    Pourquoi chercher a vivre ailleurs,sur l’eau,sous la terre,en l’air,sur une autre planète si ce n’est que nos mauvais modes de consommation induisant des impacts écologiques détruisant les écosystèmes supprimant les espèces animales et mettant notre propre espèce en péril sont rendus exponentiels par notre exponentielle démographie!
    Pourquoi comme toujours nous voulons régler les symptômes avant d’agir sur les causes !
    1880 les premiers préservatifs !
    1956 les premières pilules !
    il serait temps que la contraception soit gratuite encore faudrait t’il qu’il y est une prise de conscience que l’humanité et la terre nourricière sont en danger hors beaucoup ne l’ont compris !
    En France notre régime social nous permet d’avoir cet accès a la contraception et pourtant des familles comportant 5 a 8 enfants sont encore courantes !
    Alors oui il faut réguler la natalité avec une contraception gratuite,avec de l’information,et en devenant conscient,mature,et non égoïste tout simplement en se disant que faire un enfant c’est pas uniquement se faire plaisir (caprice),mais c’est aussi le préparer a son avenir et préparer son avenir
    en lui permettant de vivre et non survivre !
    Pensons a nos suivants !

    http://www.demographie-responsable.org/

  18. Bien sûr qu’il faut réguler les naissances, car si nous ne le faisons pas doucement maintenant, nous serons contraint de le faire beaucoup plus brutalement plus tard. Un monde surpeuplé sera un monde détruit. Aujourd’hui nous pouvons encore le faire par l’incitation, de grace faisons-le n’attendons pas qu’il soient trop tard, que toute la faune ait disparu et toutes les forêts aussi.

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