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Juin

Entreprise et développement durable : le prix Pinocchio est lancé

pinocchioVive le vent, vive le vent… que se cache t-il vraiment derrière les mots?

En tant que représentant d’une imprimerie écologique, je regarde naturellement ce que proposent les autres imprimeurs sur leurs sites.

Au hasard de mes lectures sur le net, je suis tombé sur la page d’un soit disant « imprimeur écolo ».
J’ai parcouru le concept, identifié les produits proposés, jusqu’à m’intéresser au processus de fabrication.

C’est à partir de ce moment que le décors à commencé à s’effriter.

Je me suis rendu compte que mon « imprimeur écolo » n’était pas un imprimeur, mais une agence de communication. Sous-traiter et revendre de l’impression « dit » écolo, tel était son crédo.

J’ai voulu pousser plus loin mon investigation pour tenter d’en savoir plus sur les méthodes de ce pseudo « imprimeur écolo »… le site annonçant fièrement que son engagement dépassait la marque imprim’vert.

[En aparté, être imprimeur écolo c’est effectivement pousser son engagement au delà du statut Imprim’Vert® … encore faut-il déjà l’obtenir.]

L’éthique???… non vraiment, je connais pas!

J’ai donc pris contact avec le dit « imprimeur écolo »… me permettant de préciser que l’usage de la marque Imprim’Vert® était réservé aux seuls imprimeurs et que dans cette optique nous pouvions lui faire une proposition de services afin de donner du sens à son action.

La réponse que j’ai reçu m’a alors hébétée :
– « L’appellation imprim’vert est mentionnée dans la phrase bien au delà …, ce qui en français signifie que notre action va plus loin. Avez vous saisi la nuance ? »

Ah oui, et c’est tout… ?

Insatisfait par cette réponse qui me laisse sur ma faim, je réponds du tac au tac, qualifiant sa phrase d’imparable. Et de formuler mon reproche quand au fait qu’il ne soit pas imprimeur, et vende un concept plutôt qu’un vrai service écolo.

Sa réponse fut sans appel :
– « Oui, notre métier c’est la communication… »

Écologie : un nouveau jouet pour les services marketing et communication?

Sonné par ce coup de massue, je réalise que l’écologie a quitté ses sandales et ses cheveux longs pour rejoindre tranquillement le chemin du costard cravate et attaché case.

Certains individus surfent sur ce courant en développant un business-model sans scrupule.
Le risque pour le consommateur étant de ne plus différencier engagement de conviction, engagement d’opportunité et greenwashing.

Pour information, sachez chers lecteurs qu’un imprimeur écolo ne peut être qu’un imprimeur et nullement un intermédiaire qui vend un concept en gardant obscur son système de fabrication !

Conseils : Si vous souhaitez imprimer écolo, adressez vous à un imprimeur, vérifiez son code NAF et s’il a obtenu la marque Imprim’Vert®.

Je suis favorable à la libre concurrence et je n’ai rien contre les intermédiaires. Bien au delà d’imprim’vert, ce pseudo « imprimeur écolo » s’est mis hors jeu tout seul.

La communication est un métier, jouer sur les mots l’apanage de quelques uns.
L’écologie étant au centre des débats, il est facile sous couvert d’un concept « éco-quelque chose » de se donner une image plus verte qu’elle ne l’est vraiment.

Greenwashing et opacité : l’abus de ce cocktail troublerait la vision!

A chaque métier correspond ses normes, ses certifications qui sont les garants d’une bonne pratique encadrée et d’une transparence quant à la fabrication.

La cohérence est pourtant une des valeurs clefs pour développer un message pertinent.
Communiquer en jouant sur les mots, c’est cacher son vrai visage (ou ne pas avoir les moyens de ses ambitions) et finalement véhiculer une communication opaque.

Être imprimeur écolo n’est pas qu’un concept, c’est une façon d’être, depuis sa production jusqu’à la manière dont on communique.

Je pense que chacun doit faire son job justement et équitablement, sinon les consommateurs risquent d’être dans le flou et de ne pas changer leur mode de consommation.

Ces méthodes honteuses sont à dénoncer car elles discréditent les acteurs du changement.

En révélant lui-même son côté sombre, ce soit disant « imprimeur écolo » à fait preuve de transparence une fois dans sa vie… au moins, les choses sont claires!

Diffamation, diffamation! Non, information.

En informant le consommateur sur les mauvaises pratiques de certaines entreprises, l’imprimerie Villière lutte pour crédibiliser son action.

Le but n’étant pas de brosser les gens dans le sens du poil dès qu’ils parlent de l’écologie, mais de révéler le fond des choses et de donner des informations sans détour aux consommateurs.

Nous ne mentionnons aucun nom d’entreprise dans cet article, « l’imprimeur écolo » mis en cause se reconnaitra tout seul. Gageons qu’il saura faire preuve de plus de transparence ou redéfinir son engagement écologique pour peut-être faire sous-traiter l’impression chez un imprimeur estampillé Imprim’Vert® .

Dans une société très concurrentielle, certains n’hésitent pas à se servir d’atouts qu’ils ne possèdent pas. A chacun d’être vigilant et assez informé pour ne pas tomber dans le panneau.

+++ Plus d’infos +++
– Le prix Pinocchio du développement durable sur le site de l’association les Amis de la Terre.
– Découvrez la liste des imprimeurs référencés Imprim’Vert® sur le site de la marque.
Les codes NAF/APE des imprimeurs : 18.11 (imprimerie de journaux) – 18.12 (autres imprimeries labeur) – 18.13 (activités pré-presse) – 18.14 (reliure et activités connexes). [Ancien code NAF encore utilisé par certains imprimeurs : 222C]
Tester un code NAF/APE

Vos commentaires, réactions et exemples seraient vraiment appréciés pour ce sujet qui nous tient à cœur.


13 commentaires

  1. Benoit dit :

    « Sonné par ce coup de massue, je réalise que l’écologie a quitté ses sandales et ses cheveux longs pour rejoindre tranquillement le chemin du costard cravate et attaché case. » -> C’est beau.

  2. David dit :

    En effet, je me suis posé la meme question quand je suis tombé par hasard sur le site concerné. Et ceci est vrai dans tous les secteurs.

  3. Julien dit :

    @benoit 😉
    @david dans tous les secteurs -> malheureusement… à nous de nous en défendre… pas évident à rédiger

  4. dit :

    Aujourd’hui, il suffit de regarder les pubs à la télé pour se rendre compte qu’être « écolo », c’est une tendance. Par exemple, une pub pour une marque de glace qui explique que maintenant, celle çi est vendue dans un emballage biodégradable… Mais qui ne vous explique pas forcément que cette petite gourmandise est bourrée de produit chimique, et que sa production est aussi polluante qu’une armée de camion sur l’autoroute…

  5. Matthieu dit :

    Julien, je partage une partie de ton courroux. Comme « représentant » d’une agence de communication, je préfère pour notre métier que chacun reste à sa place, dans son coeur de métier. L’imprimeur imprime, vend et communique pour que le consommateur fasse appel à ses services, en ce faisant aider, si besoin, par une agence de com, pour la stratégie, la conception des outils de com, etc… Je crois que quand une agence de com se substitue à un imprimeur pour communiquer et vendre en son nom de l’impression, ce n’est pas sain. Mais ce comportement de certaines agences de com peut être aussi un « retour de baton » pour des imprimeurs qui parfois vendent de la com low cost, à travers, par exemple, un studio graphique plus ou moins intégré… Bref, quand chacun voit midi à sa porte et veut se substituer à l’autre, le consommateur n’est pas gagnant à court terme et les professionnels ne sont pas gagnant à moyen terme non plus.

  6. Julien dit :

    @matthieu : Je suis content que quelqu’un de la profession commente cet article. Tout d’abord sache que je n’ai rien contre les agences, bien au contraire elles font parties de ma typologie de client et j’ai de la considération pour ce métier (en étant moi même issue).
    Le problème sur l’agence en question c’est qu’elle utilise frauduleusement une image écologique qu’elle n’est pas capable de garantir à la vue de mes échanges de mails et de son site internet.

    Concernant les imprimeurs qui vendent de la communication low cost, quand je rencontre un client qui a de la mise en page à faire, je lui rappel bien que ce n’est pas mon métier, par contre lorsqu’il a déjà des éléments graphiques, et que c’est une mise en page de carte, de flyers ou autres, je lui propose comme service complémentaire car bien souvent les agences ne veulent pas forcément répondre à la demande, ne peuvent tenir le délai demandé. Et un autre paramètre non négligeable est que le métier évoluant, les collaborateurs que nous employons sont des graphistes capables de travailler en agence, j’utilise donc un potentiel et une créativité que je ne peux pas brider quotidiennement.

    Nous avons fait le choix d’intégrer plusieurs services sous notre toit afin d’avoir notre indépendance et je pense également que tout le monde succombe de temps à autres à la facilité de trouver tout au même endroit (je pense à l’épicerie, au supermarché…). Pour autant, le boulanger et le boucher n’ont pas fermés leurs portes.

    Par rapport aux retours de bâtons et le chacun voit midi à sa porte, je ne me sens pas concerné, je pense être au clair dans mes propos, je viens d’ailleurs de changer deux ou trois choses dans mon site qui pourront traduire mon engagement et la confiance que l’on peut nous porter… je te laisse en prendre connaissance.

    Dans l’attente de te lire,
    Julien

  7. Matthieu dit :

    Je comprends ce positionnement Julien, mais nous, du côté de mon agence, on tente de répondre à toutes les demandes clients même pour une carte de visite qui ne nous rapporte « presque rien » pour 1/ offrir un interlocuteur et un seul pour les supports de com, et 2 / assurer une cohérence maximum entre les différents supports. Parce que justement, la créativité de graphistes solos pas toujours bien briefés avec des clients parfois peu au fait des enjeux market/com peut amener des modifications subsentielles à l’image de marque. Certaines peuvent avoir un aspect positif sur la réputation, les ventes, d’autres plus malheureuses. 🙂

  8. Matthieu dit :

    P.S.: Je suis persuadé que l’Imprimerie Villière donne des bons conseils à ces clients à ce sujet, et j’en ai la preuve formelle sur votre site. 🙂

  9. Mickaël dit :

    un article sur la communication éco-responsable en préparation… à suivre !

  10. Merci il est vraiment beau votre blog… Pour intervenir sur l article je crois que la preservation de la nature passe par des gestes et consciences responsables, donc pour un imprimeur c est très bien … Cependant partant du principe que nous sommes tous responsable une agence peut aussi conseiller ces clients sur le choix des technologies non polluante et exiger des imprimeurs des garanties sur le choix des encres entre autres …

  11. Mickaël dit :

    @eljadida, je pense que vous voulez parler des encres végétales ?

    Voici un billet qui j’espère vous fera réagir.

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